L'humeur des Papadoums

Mardi 18 mai 2010 2 18 /05 /2010 10:00

J’ai 35 ans.

 

J’ai 35 ans et je marche.

 

J’ai 35 ans et je marche dans les rues de Paris.

 

Je porte un jeans qui souligne mes hanches qui ont donné la vie par trois fois déjà.

 

Je porte des talons très hauts, et mes pas résonnent sur le pavé. J’ai l’impression de voler, ivre de liberté.

 

J’ai 35 ans, je porte un jeans et des talons et je me sens femme.

 

J'avais pensé porter quelque chose de plus léger, printanier. Ma mère disait toujours qu'il faisait toujours beau ce jour-là. Je ne sais plus depuis combien d'années elle se trompe. 

 

Je marche le nez au vent, je remplis mes yeux de Paris tandis que mon coeur est plein de ceux que j’ai laissés à la maison pour m’offrir une journée de liberté. Je ne rentrerai pas tard, je sais que vous m’attendrez ce soir.

 

J’ai 35 ans, ce qu’on appelle un bon job, et la vie devant moi. Comment me sentir vieille quand je calcule que je ne suis pas à la moitié du chemin de ma vie.

 

J’ai 35 ans et je ne suis plus une enfant pétrie de doutes et d’incertitudes.  La maternité et l’amour auront fini par me faire grandir et m’affranchir des poids qui me lestaient depuis l’enfance. Je continue de faire des erreurs, mais j’ai l’élégance de les assumer.

 

J'ai 35 ans et la rondeur de mes joues d'enfant inexorablement se déplace vers mes hanches de femme. Je ne suis plus une enfant, et même si mon âme ne vieillit pas, mon corps dément. Ce corps qu'aujourd'hui poiurtant je préfère, j'ai apprivoisé enfin. Je suis une femme et j'aime à présent regarder tes mains sur mes hanches nues.

 

J’ai 35 ans et la nature humaine me donne de moins en moins d’illusions. Alors j’apprends à choisir pour moins souffrir. Mais que c'est difficile.

 

J’ai 35 ans et si je ne sais pas encore tout à fait vraiment ce que je veux, j’ai appris à connaître ce que je ne veux plus.

 

J’ai 35 ans et je regarde mes enfants grandir, mon amour mûrir, et ma vie s’écrire.

 

J’ai 35 ans et je me le répète pour me le mettre en tête.

 

J’ai 35 ans, et, comme chaque année, j’ai décidé que c’est le plus bel âge de la vie.

 

 

 



Par Roxane Papadoum - Publié dans : L'humeur des Papadoums
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Jeudi 29 avril 2010 4 29 /04 /2010 20:50

C'est pas que je sois oisive de nature.

 

Enfin, disons que si je pouvais, je me laisserais sans doute aller à une délicieuse paresse, là, histoire de glaner les derniers rayons du soleil, ce soir, alanguie sur une chaise longue, un cocktail bon livre à la main.

 

Par contre, je continuerais certainement à me lever aux aurores, pour entendre le premier chant des oiseaux, voir les fleurs de pissenlit s'ouvrir et la rosée sécher sur les brins d'herbe de la pelouse. Pour sentir le soleil réchauffer doucement l'air et mettre en branle l'humanité entière. Tout cela, dans le calme d'une maisonnée encore endormie...


 

La vie m'a plutôt été livrée en mode tigivi. Excepté en vacances, c'est à dire deux semaines par an, à peu près, j'ai peu le temps de bucoler, enchaînant mon rôle de femme à celui de mère de famille et de working girl, avec parfois une parenthèse enchantée pour vous écrire une bafouille. C'est la vie, c'est la vie...


 

On peut donc pas parler proprement dit de procrastination.


 

Mais j'ai beau courir et en faire des tonnes, bizarrement, il y a toujours certaines choses très urgentes qui restent sur le quai de mon tigivi lancé à toute allure. J'y pense... et puis j'oublie.


 

En vrac:


 

-classer, trier, imprimer des photos. Les envoyer aux gens qui me les ont demandées. Qui les attendent, parfois, depuis des années (authentique).

-classer, trier, répondre à des courriers d'administrations diverses

-faire les demandes de double nationalité pour les enfants. Quoique, si j'attends encore un peu, ils risqueront d'être franco-apatrides, au train où les choses vont. Bon, moins urgent, du coup.

-répondre aux mails de S., de Y., et d'autres encore... Mais comme je veux pas bâcler, je griffonne un "je te reviens quand j'ai plus de temps", et plus de temps, bizarrement, ça m'arrive rarement. Ce qui veut pas dire que je n'y pense pas.

-téléphoner à ceux que j'aime. Ou à ceux qui en ont besoin. Là aussi, c'est jamais le bon moment.

-faire les plans de notre future cuisine. Mais quand on n'a pas encore l'emplacement des murs, j'ai du mal à visualiser. Donc je laisse traîner.

-finir de ranger ce fichu bureau. Jeter tout ce qui doit l'être. Chantier bien déblayé il y a quelques semaines.

-prendre certaines décisions. Je suis très mauvaise en prises de décisions. Angoissée, même. Ravie si quelqu'un les prend pour moi, finalement.

-finir de décider si je veux faire partie de l'offre plan retraite 2009 ou rester au régime 1998. Ah. C'est pour dans 30 ans, alors, forcément, c'est un peu flou, hein. Z'ont de ces questions, aussi.

-faire deux doubles déclarations d'impôts. Différentes, bien sûr.

-...


 

J'en suis pas forcément fière, attention, loin de là. Et ça a le don d'énerver l'autre adulte responsable de la maison. Ah oui, adulte responsable. C'est peut-être ça le problème. La dame que je croise dans le miroir, là, on dirait bien qu'elle a plus seize ans, l'âge de toutes les insouciances.


Ca doit être ça.


Faudrait que je grandisse un peu, histoire de comprendre, le jour où les enfants me mettent en maison de retraite, moi, qui ai à peine vingt-cinq ans!

 

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Par La Famille Papadoum - Publié dans : L'humeur des Papadoums
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Dimanche 21 février 2010 7 21 /02 /2010 21:54
Le printemps est là. Ah mais si, j'insiste.

Si vous n'avez rien remarqué, franchement, c'est que vous êtes au ski.

Parce que pour les autres, il y a des signes qui ne trompent pas:

-le catalogue La Déroute est dans notre boîte aux lettres depuis deux mois. La Demoiselle a déjà eu trois fois le temps de le mettre en pièces.

-il y a des fraises au supermarché. Elles viennent d'Espagne, ai-je besoin de préciser. Ai-je besoin de préciser aussi que no way j'achète des fraises en février au nord du Tropique du Capricorne?

-il y a des robes sans manches dans toutes les boutiques. Et des T-shirts, des jupes légères, des ballerines. Mais plus de bottes ni de collants.

-les conseils régime minceur fleurissent en couverture de tous les magazines, avec plein de filles toute nues qui ont pas froid aux yeux (ni ailleurs) dessus.

-dedans, on y parle choix de maillot, kilos en trop de maillot, et poils en trop épilation de maillot.

Je crois que j'ai quand lême loupé un truc, moi. Parce que si la neige a fondu (si on oublie la poudre blanche qui recouvrait encore le jardin ce matin), si le thermomètre est enfin passé au-dessus de la limite psychologique du zéro depuis hier, le printemps chez nous, ça ressemble encore vachement à l'hiver, hein.


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Rien à l'horizon, donc, je suis toujours habillée pareil, je suis toujours sous ma couverture en polaire blanche, et je suis over à la bourre pour le choix du maillot!!!!

On dirait bien que j'ai planté 2010, moi.

Je vais me suicider aux bugnes (si je rate mon coup, je vous donne la recette).



Par La Famille Papadoum - Publié dans : L'humeur des Papadoums
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Vendredi 1 janvier 2010 5 01 /01 /2010 07:00
Si tous les prétextes sont bons pour faire la fiesta et s'en jeter un derrière la cravate (ce bloug est 100% politico-sanitairement incorrect et anti-faux-derge, faut-il encore le rappeler), le 31 décembre en est en effet un exemple. Mais aussi les autres 364 jours de l'année, soyons honnêtes.

Parce qu'en gros, demain continuera comme hier s'est achevé, non?

Cette année fut remplie ici comme ailleurs de labeur, de sueur, de bonheur, de souffrance, de chance, de joie, de peine, d'amitié, de rencontres, d'amour, de baisers, de griffures, de déchirures, de surprises, de soucis, de questions, de rébellions, de décisions, de vacances, de réussites, d'échecs, de fêtes, de deuils, de progrès, d'évolutions, de pas en arrière, d'éclats de rires, de larmes qui coulent, d'émotions, de remises en question, de rêves, de dures réalités, de déceptions, de sourires, de mots doux, de factures, de blessures, de coups durs, d'inquiétudes, d'habitudes, de conflits, de réunions, de pardons, de réflexions, de solutions, de réalisations, d'obligations, de liberté...

Avec un peu plus de l'un ou de l'autre... comme chaque année finalement...

Demain sera pareil qu'hier, 2010 sans doute pareille à 2009, mais c'est comme si nous avions besoin de tout recommencer à zéro, de nous donner chaque année une seconde chance, de nous refaire une virginité pour mieux repartir, neufs et légers comme les bulles du champagne de minuit...


Un coup d'éponge sur l'ardoise de notre vie.


Alors celle-ci qui débute, les Papadoums vous la souhaitent non pas bonne, mais meilleure.


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Par La Famille Papadoum - Publié dans : L'humeur des Papadoums
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Samedi 26 décembre 2009 6 26 /12 /2009 21:34
Quand la température ambiante refroidit, soir vers la fin août en ce qui nous concerne, bon, allez, j'exagère à peine, commence à pointer la sourde angoisse du "et où va-t-on passer Noël cette année?". En ce qui me concerne, les Antilles, ça m'irait très bien. Mais des contingences bassement matérielles nous en empêchent, paraît-il. Ceci dit, cela aurait le mérite certain de couper court à toutes les polémiques familales et belles-familiales. Car à moins d'avoir épousé le fils des voisins, ou la fille du village d'à côté (ce qui impose alors un marathon festif gastronomique fatal à un estomac normalement constitué, ce qui n'est guère mieux, en fait), va falloir choisir.


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Il faut choisir.

Et entrer dans des calculs savants et alambiqués, d'années paires en nombre de kilomètres divisés par le nombre d'huîtres ingurgitées la dernière fois, ajoutés du nombre de cadeaux oubliés dans un fond de placard où ils étaient pourtant prêts depuis des mois...

Bref, le choix, c'est déjà la joie de Noël. Le mot d'excuse aux déçus, le planning de partage des préparatifs des élus.

Joyeux Noël, crient les cartes de voeux (trois) débordant de la boîte aux lettres. Joyeux Noël, hurlent les blogs (beaucoup). Magie de Noël, saturent les guirlandes (trop).

Sauf que.

(Ah ben oui, si ici on allait dans le sens du poil du mouton, ça se saurait.)

C'est pas un peu faux-derge toute cette pression qu'on se met pour que Noël soit parfait, des amuse-bouche à la bûche glacée? Tous ces récits de Noëls idylliques qui fleurissent partout? Toutes ces images d'un bonheur familial feint pour une soirée par an?

Sauf que forcément on a choisi.

Et que forcément, l'un des deux fait un compromis.

Que celui qui va passer Noël dans sa famille se rappelle forcément les réveillons pleins de vraie magie de son enfance, les fous-rires, les cadeaux qu'on déballe, le droit de se coucher tard, de sortir dans le froid admirer les illuminations, le cocon chaud de la famille. Et c'est tout guilleret qu'il dit à sa tendre moitié: viens, tu vas voir, ça va être formidable, Noël, chez nous, y avait toujours une super ambiance, viens voir comme ça va être chouettos.

Sauf qu'on oublie que depuis on a bien grandi.

Que les enfants de la fête, ce sont les nôtres, et que pendant les heures que leurs parents passent à table, ils s'ennuient légèrement. Ou font des bêtises. Que la distance géographique et la vie de chacun dans sa famille aidant, la fratrie n'est plus aussi in ze Christmas spirit de quand on était petits, même si on s'entend bien, on fait forcément moins les zouaves. Et peut-être qu'on ne sait même pas quoi se dire, en fait.

Que pendant ce temps-là, les "pièces rapportées" comptent les minutes en se demandant un peu ce qu'elles font là. Reprennent un verre de vin pour faire passer. Cherchent quelque chose à dire. Ou même seulement l'occasion d'en placer une, dans le brouhaha ambiant. Que des petites phrases anodines sont perçues comme autant de phrases assassines. Qu'il faudra digérer au moins aussi longtemps que la tranche de foie gras de trop. Aussi lourdes sur l'estomac que l'abus de marrons glacés. Que le conjoint assiste impuissant à cet ennui, à ce sentiment de solitude au milieu de tant de calories.

Finalement, la déception est à la hauteur de l'attente...

Heureusement, l'année prochaine, on ira sûrement dans l'autre famille. Chacun son tour d'être la "pièce rapportée". De passer Noël en territoire ennemi. De se dire que décidément, la magie de Noël, c'est juste une belle excuse pour s'en mettre plein la panse, histoire de faire passer le temps, à défaut d'autre chose, en somme.

Et les Antilles, non?


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Vendredi 18 décembre 2009 5 18 /12 /2009 16:26
Des jours que la France entière scrute le flocon.

Deux jours que la France entière piétine le flocon.

Sauf le nord-est.

Alors là moi je proteste.

C'est vrai, quoi, quand les autres ont du soleil, nous on n'en a pas. En général.

Et maintenant que tous les autres ont de la neige, nous on en voudrait aussi, quoi.

Parce que le Pirate et la neige, c'est l'Amour. Samedi matin, je l'appelai alors qu'il virevoltait dehors un misérable flocon et ses trois petits frères. Il était en pyjama, mais il fut habillé tellement vite qu'il fut dehors pour gober le premier flocon avant qu'il ne touche terre. Il fit d'ailleurs une sortie très discrète en hurlant: "Mais c'est mon anniversaaaaaaaiiiiiiiire!". Rapport que l'année dernière, cadal suprême, le ciel lui offrit quinze centimètres de poudreuse par surprise au matin de ses quatre ans. Tu parles, Chantal, il était vite rentré, déçu déçu déçu. On a fait un puzzle. Avec un bonZhomme de neige dessus.

Las! Cette fois encore, je ne serai pas une blogueuse de la haïpe: il fleurit des tas de photos de neige partout sur la blogoboule, et moi j'ai pas l'ombre de la queue d'un flocon à photographier.

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Il neige même à Toulouse, c'est vous dire si c'est la loose.

La neige a même trouvé le chemin du trou perdu du pètt de la terre qu'est le patelin de la Mère Joie.

Manquerait plus qu'il neige à Marseille comme l'an dernier.

Je vais aller hiberner aux Maldives, moi, tiens. Le sable blanc, on fera comme si.

Ferme la porte, ça caille.




Par La Famille Papadoum - Publié dans : L'humeur des Papadoums
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Mardi 1 décembre 2009 2 01 /12 /2009 14:25


"On ne meurt plus du sida aujourd'hui" ai-je entendu ce matin. Donc la vigilance se relâche, et la maladie ne recule pas.

Sauf qu'il manque quelque chose dans cette petite phrase: on ne meurt plus du sida aujourd'hui...
en Occident!


Et tous les autres?

Tous ces morts (l'équivalent d'un tsunami chaque semaine de par le monde! Ah oui, évidemment, c'est nettement moins vendeur et people qu'un Nouvel-An foiré en Thaïlande!) qu'on semble oublier...

Donnez...




(Ouiiiiiiii  on va bientôt être plus rigolos ici, nooooooon je ne me paie pas une dépression automnale d'enfer: j'ai rien vu passer de cet automne, et ouiiiiiiii on a encore le 10 décembre pour parler de choses pas gaies et puis promis, ça partira dans tous les sens comme avant ici, trève de Noël oblige.)


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Mercredi 25 novembre 2009 3 25 /11 /2009 07:00
C'est aujourd'hui la Journée Internationale de lutte contre les Violences faites aux Femmes. Ou à peu près, dans les termes. Bref en ce jour funeste de par son existence même, il s'agit d'ouvir un peu les yeux.

Je ne sais sombien de millions de femmes sont violées, excisées, torturées, assassinées, brûlées vives, enfermées, ignorées, voilées, séquestrées, humiliées, non soignées chaque jour de par le monde. Et j'en passe, et des meilleures. Ou plutôt des pires.

Des fois, ça m'empêche de dormir.

Ce que je sais, c'est qu'en 2008, cent-cinquant-six (156) femmes sont mortes sous les coups de leur conjoint en France. EN FRANCE. Ici. Parmi nous. Une tous les deux jours et demi. Votre cousine. Votre voisine. Et après, vous?

Souvent, ça m'empêche de dormir.

Parce que si le jour les blessures semblent cicatriser, la nuit, l'inconscient dément, et les souvenirs remontent sous forme de cauchemars.

Alors les nanas, je sais pas comment, mais faut qu'on se bouge le popotin. Ca peut plus durer, cette histoire.

On veut nous faire croire que leur coller un téléphone portable spécial, pour appeler la police. Je me marre. Jaune. Faudrait encore qu'elles puissent s'en servir. Que la police intervienne. En une minute, la vie peut s'arrêter. Que fait la police alors? Elle constate le décès? Il faut mettre ces femmes à l'abri. Multiplier les informations, pour qu'elles sachent où trouver de l'aide. Et ne pas les renvoyer chez elles, avec juste un téléphone portable pour se donner bonne conscience.

Un mec qui tape, il change rarement de comportement tout seul, contrairement à ce qu'il promet évudemment juste après, et c'est pas un avertissement qui va lui faire peur. Parce qu'il n'a pas peur. Il n'a juste pas appris à gérer ses frustrations, ni à s'exprimer autrement. Ses émotions dépassent les mots qu'il peut employer pour s'exprimer. Alors il tape. Comme les gamins de trois ans. J'appelle ça le "syndrome du camion de pompiers": il en est resté à l'âge où le gamin trépigne et hurle dans le supermarché pour obtenir le camion de pompiers qu'il désire. Qu'il abandonnera aussitôt obtenu, éternel insatisfait, pour tourner sa frustration vers autre chose, et ainsi de suite.

Un mec qui tape, ça se fait soigner. Peut-être qu'à ce prix il y a un espoir qu'il change. Mais c'est tellement plus compliqué que de filer un téléphone portable à sa victime terrorisée. En gros, ça revient à peu près au même que filer un ciré à un SDF quand il pleut, et de le renvoyer dans la rue ainsi pourvu, et encore, je suis gentille.

Pendant longtemps, la honte empêche la victime de parler. Son estime de soi diminue, jusqu'à se sentir moins que rien, et surtout, cause de son propre malheur: je suis responsable, c'est ma faute s'il me frappe. Jusqu'à ce qu'un jour, la victime brise le silence, parce qu'elle va trouver sur sa route un confident, une amie, un médecin, un policier plus attentif et sensible au sujet que les autres. Elle peut alors tenter de se reconstruire.

Honte? Mais honte de quoi après tout? Est-elle moins que celui qui la frappe ainsi? Ce n'est pas à elle d'avoir honte, mais à lui! Qu'est-ce qui peut justifier ces coups? Rien de ce qu'elle ait fait, rien. RIEN.

Rien ne justifie les coups
.

Passé le long cheminement de la reconstruction physique et surtout morale, le devoir est alors d'en parler.
La violence conjugale existe dans tous les milieux sociaux sans exception, plus ou moins cachée, plus ou moins sournoise, mais toujours aussi dangereuse. Il faut briser ce tabou, afin que nos filles soient prévenues, et conscientes que les hommes n'ont aucun droit sur elles. Et que, si ça arrive, on peut les protéger. Même si ça demande beaucoup de courage.

Ces femmes ont besoin de votre aide. Ouvrez les yeux à ce qu'elles vous cachent maladroitement, écoutez ce que vous ne pouvez entendre.

Vous pouvez leur sauver la vie.


 



Les personnes à qui je dédie cet article se reconnaîtront, que ce soit du côté des victimes, ou de ceux qui leur ont sauvé la vie.





Par La Famille Papadoum - Publié dans : L'humeur des Papadoums
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Mercredi 11 novembre 2009 3 11 /11 /2009 21:22
Y a un dossier pas trop mal ficelé (mouarf, elle était facile) par là qui s'interroge sur le pourquoi du comment du koitesse que c'est donc que cette histoire de blogs de mamans. J'ai bien tout lu, j'en ai pris plein la tronche (pas moi perso, mais attendez, z'avez qu'à lire tout bien vous aussi), je me suis énervée, j'ai acquiescé (un peu parfois), bon au final fqut que j'avoue que je ne sais pas très bien, ou je ne sais plus très bien, au choix, où ce dossier veut en venir, je ne sais même plus s'il y a une conclusion digne de ce nom à la chose débattesque, d'ailleurs le dossier n'est pas encore fini, mais c'est pas moi qui vais lui jeter la pierre, moi la reine toutes catégories (mais seulement quand je suis en forme et que j'ai bu ma solution hydro-alcoolique et pris mes calmants) de la digression à parenthèses-courants d'air.

Mais forcément, l'équation blog + maman, ça m'a fait réfléchir sur mon sort de mortelle. Non parce que des fois que vous auriez pas capté que je suis une multipare blogueuse de base, maintenant vous êtes prévenus. Il est encore temps de vous enfuir. Donc s'il est évident que je suis une maman blogueuse, la question "c'est quoi d'abord un blog de maman?" se pose. Quand je vous narre par le menu les exploits de ma progéniture, je crois que c'est clair. Mais des fois y a autre chose. Et puis quand ça cause béton, c'est encore un blog de maman ou non? C'est pas un peu sexiste tout ce binz? Puis y a des mamans qui parlent de tout sauf de leur progéniture, c'est catégorisé blogs de mamans ça?

Parce que l'enquête est pas trop mal menée, faut lui reconnaître ça, entre la parole donnée aux mamans-blogueuses et aux lectrices de mamans-blogueuses, l'une n'excluant pas l'autre. (Et demain, les papas blogueurs, je crois).

Dans les témoignages, certains me font grimper aux rideaux, bien sûr. Je ne citerai pas de noms, parce qu'ici on est pacifique et bienveillant et que ça me fatigue d'avance de me faire insulter, et là n'est pas du tout le but, vous allez lire les articles du dossier et puis vous vous faites votre idée à vous. Mais comme je suis chez moi et que personne ne me demande mon avis, je le donne.

Y a les nanas qui énervent, donc. Bon c'est sûr, on leur demande leur avis, elles le donnent, hein. Mais elles ne se rendent pas compte que leurs propos peuvent être relativement choquants, voire insultants, pour une bonne partie des mamans-blogueuses qui n'ont pas leur prétention. Et là je précise que j'ai trouvé certains propos insultants non pas pour moi (je suis assez grande et lucide pour savoir où je me situe et quel est mon créneau, et ma melonite ne me fait pas encore trop souffrir, moi) mais pour les blogs de mamans en général.

Le blog est pour moi un endroit de liberté personnelle qui permet des échanges constructifs, des rencontres virtuelles ou réelles, de belles histoires d'amitié, le partage des bons plans, des soucis, des petits bonheurs et des grandes joies. A chacun sa manière de l'appréhender.

Mais juger les autres sur ce qu'elles présentent, je trouve ça bas. Leur conseiller de mettre leur blog sous mot de passe et de le réserver aux proches, parce qu'il ne présente pas d'intérêt, je trouve ça méchant, en vérité. Pour qui se prennent ces personnes prétendant détenir LA manière de faire un blog intéressant?

Chaque blog a son public, et ses raisons d'exister. Au départ, celui-ci, prévu pour communiquer avec la famille éloignée géographiquement, pour leur permettre de suivre les progrès des enfants, notre quotidien et nos travaux titanesques, a vite dépassé, et de loin, le cadre familial (et je vais dire: heureusement, sinon je pense que je me serais vite lassée du petit jeu). Et les rencontres, les échanges qu'il a provoqués sont une des plus belles choses qui me soient arrivées dans la vie. Alors oui, ce blog est sûrement, sans doute, comme beaucoup, nombriliste, on n'y parle finalement que de notre quotidien, et peut sembler sans intérêt à celui qui n'a pas envie de s'y arrêter. Qu'il passe son chemin, ce n'est pas bien grave. Je n'ai pas la prétention d'avoir un avis sur tout. Ni d'avoir l'opinon qu'il faut avoir. Ce qui ne m'empêche pas d'en avoir une, bien à moi. Donc en général j'évite de m'étaler sur le sujet.

Et là où je bondis, c'est quand je lis que ce genre de blog n'a aucun intérêt, sauf je cite 
" C’est différent lorsque le blog est tenu par une amie, je suis contente d’avoir des nouvelles d’elle et de sa famille." Ah. Je suppose qu'il n'est pas venu à l'idée de l'auteure de ces mots que, en gros, tout le monde a ses amis qui aiment prendre des nouvelles. (Au passage, je dis youhou! à tous les gentils qui viennent prendre des nouvelles de la Famille Papadoum, tiens.)

Bon, évidemment, tout l'après-midi, la digestion de ma crème au caramel a été perturbée par la question existentielle de savoir si ce blog est finalement gnangnan, neuneu, ou les deux. Ca m'apprendra à manger un dessert, et surtout à manger un dessert en lisant des trucs pas bons pour la sérénité zermatique.
Si ce blog a de l'intérêt. Si oui, pour qui, et si non, pourquoi? Et de quel intérêt parle-ton? Que recherchent les gens qui arrivent ici par hasard (hihi, les statistiques de recherche Google, c'est parfois d'un gai!)? Que trouvent ici les hordes de gens qui viennent (presque) tous les jours?

Et puis y avait plus de caramel, soudain.

Et je me suis dit que c'était pas bon de réfléchir tant.

Que finalement ce qui est gai avec ce blog, c'est de pouvoir y écrire toutes les bêtises qui me passent par la tête.

Que c'est ça son intérêt. Un prétexte à papoter, à partager, à découvrir.

Que ceux à qui ça plaisait reviendraient, parce qu'ici c'est un peu comme un auberge espagnole où chacun apporte ce qu'il veut, et fait connaissance avec d'autres, mais certainement pas un endroit où l'on jauge et juge. Et que ceux qui nous trouvent neuneu, ou gnangnan, ou les deux, ne reviendraient pas, et finalement, tant mieux. Je fais pareil. Quand je n'accroche pas, je m'en vais sur la pointe des pieds, et je ne crie pas bien fort que je suis mieux qu'eux. Je sais que s'ils existent c'est qu'ils ont eux aussi leur intérêt, quel qu'il soit.

Mais je voudrais ici leur rappeler qu'on est souvent l'ami de quelqu'un, mais toujours le neuneu ou le gnangnan d'un autre.


Et que c'est malin, j'allais écrire un truc rigolo pour le coup vraiment blog de maman, mais que là, je suis un tout petit peu énervée maintenant fatiguée d'avoir tant réfléchi pour aujourd'hui.

Et pour tout dire, finalement, la maternité au quotidien, ce sont ces mots d’enfants, ces visages, ces sourires, ces progrès, ces expériences, ces anecdotes, ces vécus, ces bons plans tout simples parfois,  et c’est cela que j’aime partager et découvrir. Et j’estime que le choix de mon suivi de grossesse, ou le récit de mon accouchement à la minute, est bien plus intime que montrer des photos de vacances avec les enfants, ce qui semble scandaliser certaines. Je ne vois pas en quoi je porte atteinte à l’intégrité de mes enfants, puisque et les photos, et les mots qui les accompagnent sont toujours respectueux à tous points de vue. En dix-huit mois de blog, les requêtes cracras, d’ailleurs plutôt pathétiques et rigolotes que cracras n’ont pas été plus de deux ici. Et je suppose que leurs auteurs s’en sont allés déçus déçus… Quant au choix d’une poussette, d’un biberon ou d’une couche lavable, je suis assez grande pour  me faire une opinion objective dans les endroits spécialisés. Donc pour moi, l’intérêt d’un blog est un concept très variable d’un individu à l’autre.




Mamans blogueuses, blogs de mamans... merci pour votre richesse et votre diversité.



Par La Famille Papadoum - Publié dans : L'humeur des Papadoums
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Jeudi 15 octobre 2009 4 15 /10 /2009 17:19

Pour changer un peu, on va causer sérieux ce soir, sur un bloug qui ne l’est pas vraiment, sérieux.

Au détour de pérégrinations aussi discrètes que mal vues pour une employée jusque là modèle, c'est-à-dire pendant que j’ignorais superbement les gargouillis de mon estomac vindicatif alors que les autres s’empiffraient d’une soupe aux lentilles-würstchen délicate et fine, je découvris qu’aujourd’hui, c’est la journée des parents modèles. Non non non, pas des mères parfaites, sinon je serais pas en train de tenter de vous faire croire que je peux causer cinq minutes sérieux.

Modèles dans le sens d’exemples. Et pas que les parents, d’ailleurs, les adultes en général, plutôt. 

Ca tombe bien, didon, parce que j’y avais pensé avant. Ah des fois je peux être épatante, oui. 

Enfin, bon,  je n’y avais pas pensé toute seule toute seule, d’accord. 

J’étais tombée sur un article de journal qui m’avait interpellée, et que j’avais mis de côté pour vous en parler un jour, un jour que j’aurais envie d’être un peu chiante sérieuse. Un jour que j’aurais tellement de lecteurs que je voudrais me débarrasser de la moitié d’entre eux et leur ouvrir donc portes et fenêtres… Mais restez, hein, c’est important, là. 

Bref, le 17 septembre dernier, je lis ceci dans un canard de mon plat pays. 

« L’opinion publique s’indigne régulièrement des incivilités et de l’inconduite des jeunes, mais la violence et le "moi, d’abord" ne règnent-ils pas en maîtres dans les familles et la société ? Pourquoi les élèves respecteraient-ils leurs enseignants quand ils entendent le président français, Nicolas Sarkozy, décocher "Casse-toi, pauvre con" à un quidam ? Pourquoi les gamins jetteraient-ils leur cannette dans une poubelle (sélective !) quand leurs parents vident le cendrier de la voiture par-dessus bord ? Pourquoi seraient-ils polis avec leurs copains quand ils voient les adultes s’engueuler comme des chiffonniers pour une place de parking? » 

Non mais didon, bon sang, mais c’est qu’il a raison, le canard ! 

Et si notre rôle de parents c’était d’abord de leur apprendre le respect de l’autre ? 

Et si ce mot « respect » était la base de tout le reste, et s’il sous-entendait d’autres concepts tels que politesse, non-violence, partage, gestion des frustrations, savoir-vivre en communauté, aide,… liste non exhaustive et d’ailleurs très incomplète. 

Et si le respect, c’était la chose la plus importante que nous avions à apprendre à nos enfants ? 

Et si tout d’abord, l’éducation des enfants, dans le sens « élévation de l’âme », c’était leur montrer par notre attitude ce qu’est le respect ? 

La tâche des parents est immense. Mais elle commence par des petites choses toutes simples, qui, mises ensemble, feront de nos enfants des adultes debout et responsables pour un monde tout simplement plus agréable chaque jour. 

C’est bon, j’ai fini. Demain on recommence à dire des bêtises, mais il y a parfois des bêtises avec lesquelles je ne rigole pas, mais pas du tout, du tout.



Campagne "L'exemple c'est nous" organisée par Yapaka, programme de prévention de la maltraitance et de soutien à la parentalité au sein du ministère de la Communauté française de Belgique.
Le 15 octbre, journée d'action "Les blogueurs montrent l'exemple".

Par La Famille Papadoum - Publié dans : L'humeur des Papadoums
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La déco des Papadoums

Le fond super mimi est de la formidable Del4yo que tant de talent dans une seule fille c'est pas possible, avec sa gentille autorisation, va sans dire. Des bises, Delphine.

La photo du ciel, bien sûr, elle est des Papadoums.

La totale maîtrise (ahem) du CSS c'est bibi aussi. Mauvaises langues, va.
 
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