Mercredi 18 novembre 2009 3 18 /11 /2009 22:00
Non, mais c'est que nous, on ne recule devant rien pour amuser la galerie, hein. Et surtout, nous sommes pour le partage des tâches: il touille dans le ciment, je touille dans la tambouille. Il joue de la clarinette, je pianote du clavier (d'ordi). Il conduit, je dors la bouche ouverte. Il reste calme en toutes circonstances, je monte dans les tours pour un rien, et retombe aussi vite qu'un soufflé au fromage.

Du coup, quand il s'agit de vaccins, on s'est aussi partagé les tâches.


Acte I: jeudi 12 novembre


Au petit matin brumeux, je secoue BarbaLala pour le réveiller rejoins, l'oeil collé et ma mine chiffonnée (c'est parce que j'avais pas encore lu ELLE qui préconise de dormir sur le dos et sur un oreiller en satin pour pas chiffonner ses joues, authentique, mais attention, rire aussi ça fait des rides, alors à partir de maintenant vous êtes seulement autorisés à pouffer!) BarbaLala et son Gillette dans la salle de bains. Je lui dit : "C'est toi le chef de famille, l'homme valeureux, à toi de chasser le bison de t'y coller en premier, et viens pas me faire ta chochotte que t'as peur des piqûres, hein!"

C'est que nous avons de la chance. Au Luxembourg, la campagne de vaccination contre la grippe A a commencé il y a un mois et est ouverte aux frontaliers. Organisé comme si deux millions de personnes devaient s'y presser le premier jour, alors que le Grand-Duché compte moins de cinq cent mille habitants, ce fut naturellement un plaisir. Le soir, à son retour, je l'interrogeai: "Alors? Alors?" Alors rien. Le lendemain matin: "Alors? Alors?" Mal à l'épaule. Mouais.


Acte II: vendredi 13 novembre

Au petit matin brumeux, je remarque que j'ai pas mis le "h" à la bonne place dans le "authentique" ci-dessous, en voulant faire du comique de répétition, voilà qui est corrigé, je me rappelle qu'aujourd'hui a lieu la campagne de vaccination (volontaire) contre la grippe saisonnière au boulot. J'y vais courageusement. Je snobe tous mes andouilles de collègues qui font les chochottes dans le couloir et je tends mon bras gauche. Le soir venu, vu que personne ne s'intéresse à mon triste sort, je me demande: "Alors? Alors?" Alors rien. Le lendemain: "Alors? Alors?" Toujours rien. Une fièvre soudaine me prend: la fièvre du samedi soir. Je le passe à grands renforts de sacs poubelle et de tentatives de rangement et de déménagements dans la salle de jeux des enfants (oui cette précision est inutile, non il n'y a pas - encore - de salle de jeux des adultes dans cette maison). J'ai un doute quant à imputer l'une à l'autre. (La fièvre au vaccin, faut suivre, vous!). Donc, rien.

Etat des lieux: quel que soit le virus de grippe qu'un des enfants nous rapporte de l'école, nous sommes parés: il y en aura toujours un sur pied pour assurer. Si c'est pas du beau travail d'équipe, ça!!!


Acte III: lundi 16 et mardi 17 novembre


Au petit matin brumeux, la réflexion du dimanche oisif (deux gâteaux confectionnés + des feuilles de choux farcies + un concert de Sainte-Cécile) aidant, on se dit que bon, on ne se vaccine pas seulement pour soi, mais aussi pour protéger les autres et surtout les plus faibles. Mon regard se dirige vers le machin rose occupé à vider le tiroir à calebuttes de son frère. Une sueur froide me parcourt l'échine en même temps que le souvenir de lueurs bleues et de sirènes me glace le sang.

Je sors du bureau en milieu d'après-midi pour participer au conseil d'école de la Fée. Parfaitement, je suis élue. A l'unanimité, encore. Y avait qu'une liste, faut dire. J'y dis quelques counneries histoire de justifier ma réputation, puis je passe aux choses sérieuses, non mais. Ensuite, je file récupérer mes deux plus petits (la grande a flûte le lundi) chez Tata, et zou, reroute vers Luxembourg. Formalités, organisation parfaite, rattapage de machin rose qui s'enfuit à l'autre bout de l'immense salle à toute vapeur, à la piquouze comme tout le monde!

Là, j'apprends que le délai de trois semaines entre les deux vaccins n'est plus recommandé. Je tends donc mon bras droit (le gauche avait déjà donné, hein). Le Pirate et la Demoiselle tendent la cuisse gauche. Stoïques. Parfaits. Fierté maternelle mal placée. Le soir venu, je questionne: "Alors? Alors?" Alors rien. Un suppo à la Demoiselle par précaution, et au lit. Le lendemain matin: "Alors? Alors?" Mal au bras. Même pas mal à la cuisse, sauf quand il appuie dessus pour voir. Un peu chaude pendant 36 heures.

Mardi soir, expédition cette fois avec la Fée. Je note dans mon agenda que les enfants devront revenir dans trois semaines car ils n'ont reçu qu'une demi-dose. Le soir venu:"Alors? Alors?" Alors rien. Le lendemain matin: "Alors? Alors?" Mal au bras.

Bilan des opérations pas de maux de tête, pas de fièvre sauf un tout petit peu pour la Demoiselle. Un tout petit peu mal à l'endroit de la piqûre, comme un coup, pendant deux jours.

J'ai survécu sans souci aux deux vaccins en trois jours.

 Et surtout, l'espoir d'avoir protégé non seulement nous, mais surtout notre entourage. Les écoliers sont des vecteurs de microbes très efficaces, et les bébés de notre entourage doivent être protégés.

Pas de bol, quand-même, va falloir trouver autre chose pour me faire porter pâle au boulot!






Par La Famille Papadoum - Publié dans : La vie des Papadoums
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Le fond super mimi est de la formidable Del4yo que tant de talent dans une seule fille c'est pas possible, avec sa gentille autorisation, va sans dire. Des bises, Delphine.

La photo du ciel, bien sûr, elle est des Papadoums.

La totale maîtrise (ahem) du CSS c'est bibi aussi. Mauvaises langues, va.
 
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