Ce matin,
tout le plaisir est pour moi, puisque j'ai l'incommensurable joie de vous dévoiler en exclusivité la Journée es Villes, Journée des Champs de l'inénarrable, de la formidable, de l'immense, de
l'excellentissime Mère Joie au Q.G..
Ma journée avec Didier
Deschamps
(Là on ne dit rien, mais j'ai mis 24 heures à comprendre la vanne. J'ai dit no comment!)
6h40 :
« Comment se protéger contre la grippe A, c’est ce que vous propose aujourd’hui François Ledru, expert en microbiologie... »
(Et ça te réveille, ça?!! Pas sortir de sous la couette doit être un excellent moyen de se protéger, selon moi, et d'ailleurs je l'applique dès demain)
Boum ! Mon pied droit fait valdinguer le radio-réveil. Je pose le gauche par terre.
Je vérifie que Mademoiselle Commandante avait branché le sien.
Point de Fun Radio. Soulagement et inquiétude.
« Fräulein, debout ! C’est l’heure.
- Grrrr grrrr !!! »
Je vais pisser en vitesse avant qu’elle ne squatte quarante minutes la salle de bains avec chiottes intégrées.
J’allume l’ordi.
Je prépare mon thé.
Je fais chauffer le bibi du Grognard.
Je bois mon Darjeeling en consultant :
1. Mes mails.
2. Les commentaires de mon journal, auxquels je réponds par politesse et par grandeur d’âme.
3. Ma Netvibe.
Jusqu’à ce que la porte de la chambre du Grognard s’ouvre.
Parfois je me retrouve avec un lardon de moins d’un mètre sur les genoux buvant son chocolat et prenant garde d’en mettre bien partout sur son pyjama tandis que je termine de consulter un billet chez les Papadoums.
(Fayotte! Ceci dit ce matin tu
vas être servie!)
7h10 :
Je regarde l’horloge de mon P.C..
« Fräulein, t’en es où ??? T’as pris ton goûter ? T’as pensé à mettre un pull, il fait froid ce matin ! »
7h20 :
« Fräulein, sors de la salle de bains tout de suite, faut que j’aille aux toilettes ! Grouille !!! »
7h21 :
« Mais t’es pas encore habillée ???!!! Tu sais que tu pars dans quatre minutes ???!!!
- Grrrrrrrrrrrr grrrrrrrrrrrrrrr !!! »
7h25 :
La voiture de la voisine stoppe devant le Q.G.. Mademoiselle Commandante se casse en claquant la porte d’entrée qui ne manquera pas de faire lever le Grognard si ce n’était déjà fait (ça arrive qu’il dorme un peu plus longtemps s’il a petit-déjeuné une première fois à 5h00).
« Au revoir, Fräulein ! Bon courage ! Travaille bien !
- Grrrrrrrr grrrrrrrrr !!! »
Je finis ma lecture rapidement, le Grognard en train de jouer :
- Soit avec la souris de l’ordi.
- Soit avec le clavier de l’ordi.
- Soit en bavant sur l’écran de l’ordi.
- Soit les trois à la fois.
Puis, à la japonaise, nous prenons un bain tous les deux (excepté quand j’ai mes ragnagnas, c’est dégueu, je partage pas mon sang) qui choquerait le commun des mortels parce que le commun des mortels il sait pas que c’est plus impressionnant pour une petite fille de voir sa mère nue que pour un petit garçon (le commun des mortels, il lit pas Dolto et il porte pas des chemises à fleurs avec une barbe). De toutes les façons, j’ai un lardon de vingt-deux mois accroché à la culotte quand je fais mes besoins. So what...
C’est le moment que je préfère !
Ensuite, le Grognard et moi nettoyons un peu le Q.G., c’est-à-dire que j’enlève les moutons et le Grognard m’en ajoute d’autres (c’est rigolo donc je rigole. Jaune.) ou je repasse et le Grognard replie les habits à sa façon.
Vers 10h30, nous faisons notre balade quotidienne. Le Grognard est content. Il dit « Chauchure ! Chauchure ! Balale ! Apeau ! Apeau ! »
Si on rencontre Bernadette, on discute quelques instants et le Grognard lui fait la gueule parce qu’il sait que ça l’ennuie, Bernadette.
Pourtant, Grognard, Bernadette, elle est très chouette!
Au retour, parvenue à me débarrasser de la chienne collante du camp voisin, je prépare à manger pour le midi et souvent pour le soir. Le Grognard me tanne pour becqueter des bonbons ou du chocolat.
Un cheul,
alors!
Mais depuis peu, grâce à l’envoi postal de Carole, j’ai trouvé une parade : le DVD de Oui-Oui ! Reste à savoir si Oui-Oui est vraiment notre ami lorsqu’il s’agit de faire venir le Grognard à table...
Ca m'agace, Oui-Oui, mais ça
m'agace! Tu veux pas Trotro, l'âne trop trop rigolo, l'ami qu'il nous faut, plutôt? Allez, zou, je te l'envoie.
Après un match acoustique Oui-Oui dans la salle de réception versus Robbie Williams ou Benjamin Biolay (dont je suis très follement amoureuse secrètement) dans la cantine, je soulève le Grognard cramponné à la chaise du bureau et nous nous restaurons aux alentours de 11h38 d’un merveilleux plat des familles.
Julie Gayet = p*te
(pardon, mais ici on ne dit pas
de mots dont je me vois mal expliquer la signification à mes enfants avant leur majorité. Je me permets juste de signaler que BB est du genre volage, donc que tu as encore toutes tes
chances.)
Il m’arrive fréquemment de changer une couche en plein repas ; ce qui est un facteur favorable à la régulation de mon appétit.
A la suite d’un vomi au dessus d’excréments de mammouth, je fais la vaisselle et je débarrasse le sol de la cantine contenant la moitié de l’assiette en plastique du Grognard.
Je commence à être lasse et je tente la sieste, à savoir je m’installe avec lui dans son lit pour le motiver à clore ses paupières.
Je ne pense hélas jamais à planquer les petites voitures qui l’excitent et je me transforme en circuit automobile.
Alors des fois, un brin de jugeote me pousse à aller plutôt dans ma chambre. J’amène des livres de Mademoiselle Commandante :
- De la petite taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête et on cite les animaux qui auraient pu faire caca sur la tête de la pauvre petite taupe. Pédagogiquement sans reproche.
Trèèèès très bon choix. Hilarité
garantie pour petits et grands. Mais peut-être que pour l'endormir faut essayer des histoires de marmottes? (j'en ai une très bien qui parle de marmottes qui se vautrent dans des bouses, ça
devrait lui plaire!)
- Une maman en noir et blanc sur la couverture duquel le Grognard montre les seins de la mère en criant fièrement « Gougouttes ! ». Un vestige pro-allaitement.
- Poupoule ; ce qui n’aide pas le Grognard à ne pas répéter la première syllabe en « OU »de nombreux mots. Exemples : coucouche, moumouche...
Comment on ramasse les papayes?
Avec une foufourche...
- Machin chouette, un pamphlet anti-chiens écrit par une saloperie de chat.
- Etc.
(Tu veux que je vienne faire mes gros
yeux?)
A force de persévérance (une heure et demie...) à essayer d’instaurer une atmosphère calme, propice au sommeil malgré des coups de pieds, des sauts, des demandes de manège, je parviens quelquefois à mon objectif. Le Grognard s’endort.
Dans cette éventualité, je peux taper un billet, répondre aux commentaires de mon blog, pisser en solo. Je me régénère.
Dans l’autre éventualité, la démoniaque, tant pis, j’écris en vitesse avec mon Grognard épuisé sur moi et là c’est compliqué. Le Grognard s’ennuie de sa frangine, la réclame. J’ai pas trop envie de jouer au ballon, de faire des constructions et je sens bien que je ne suffis pas à mon Grognard (voilà pourquoi il va aller, dès que j’aurai une place, un après-midi par semaine à la halte-garderie).
Vers 15h30, c’est très variable : On fait une deuxième sortie, on va un peu sur le terrain, on goûte, on fait le manège tant réclamé, on se chatouille etc.
17h25 enfin déjà !
Je récupère Mademoiselle Commandante et la fille de la voisine à l’arrêt de bus si Fräulein n’a pas danse ou si son père ne quitte pas plus tôt ou si elle va pas en études. Avec des « Si », je te refais le monde si tu veux...
Fais comme chez toi, surtout.
Le car est en retard comme à chaque fois. Nous revenons au Q.G., il est 17h50. Mademoiselle Commandante s’amuse un quart d’heure avec le Grognard. Ils sont heureux tous les deux de se retrouver et je respire en fumant une bonne clope.
Je t'ai dit que le tabac t'abat?
Ca y est, ce sont les devoirs maintenant, la finalisation du repas avec le Grognard tirant sur mon tablier. C’est sportif.
« T’as quoi à faire, Fräulein ?
- Grrrrr grrrrrrr !!! »
Je pense à tous les parents qui sont passés ou passent par là... Je me console.
Merci de me laisser quelques illusions quelques années encore...
Voilà mon Légionnaire qui rentre après des rendez-vous (incessants : parents d’élèves, Directeur, collègues.). Il se précipite pour passer des coups de fil professionnels (On a une vie privée oui ou merde ?!) et je dois neutraliser le Grognard surexcité de voir son père ou bien mon Légionnaire bosse un peu ses prépas.
J’hurle cinquante fois « A tââââââble !!! » en moyenne. Nous sommes réunis à 19h30 et discutons de nos journées respectives. J’essaie un peu de me faire plaindre mais ça marche pas trop...
Les mères de famille au foyer
sont rien que des grosses feignasses, tout le monde le sait.
Un trou noir et nous sommes tous les quatre dans le lit à regarder selon les personnes un bouquin historique ou un livre de littérature Russe, un magazine féminin, Tintin et Milou (A toi de retrouver qui lit quoi. Attention, il y a un piège ! Que lit le Grognard ???).
Tu connais la différence entre
Tintin et Milou? Milou, c'est celui qui n'a pas de chien...
Pour finir mon Légionnaire se charge de coucher le petit ; moi je m’occupe de Mademoiselle Commandante. « Vivement les vacances ! » que je me dis, « Vivement les prochains travaux ! ».