Jeudi 3 septembre 2009
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Deux mois qu'il réclamait ça tous les jours. Deux mois qu'il demandait chaque matin "et c'est quand que je vais à
l'école?". Deux mois qu'il décomptait les dodos. Et une immense déception le jour où elle lui a répondu "dans trois semaines", et qu'il a compris "dans trois jours" dans sa petite tête de quatre
ans et demi. Trois jours après, le monde s'est écroulé... Heureusement, heure après heure, la date fatidique a bien fini par arriver.
Pour elle, pas le temps de compter les jours. Des vacances très, trop occupées, ne lui ont pas laissé l'occasion de s'ennuyer un peu, une rentrée qui finalement arrive par surprise, mais dont elle
se réjouit: à huit ans, l'école, c'est bonjour les copines, et tant de choses à se raconter depuis deux mois. Elle avait préparé son cartable hier: recyclé tout ce qui pourvait l'être des années
précédentes, comme chaque année. Rajouté deux ou trois crayons choupis achetés avec son argent de poche.
Ce matin, bien sûr, elle s'est levée en retard. Lui sirotait déjà son café en méditant sur les enfants qui grandissent, sans doute, et a oublié de la réveiller. Du coup, c'était un peu le souk, ce
matin. Mais finalement, tout le monde était dans les temps pour sortir sous la pluie battante, au rendez-vous elle aussi, comme pour leur dire que les vacances, c'était bel et bien fini. Faux
départ pour oubli de cartable (sic) pour elle, tartine en main pour les deux, décollage immédiat.
Pour la circonstance, ils ont joué les parents modèles. Emmené leur progéniture à deux à l'école. Lui, d'abord. Cinq mètres devant, courant, et eux, trottinant derrière. Il est entré comme une
bombe dans sa nouvelle classe, a fait une bise à sa maîtresse (ah le bonheur des petites écoles, il connaît déjà sa maîtresse), et ne s'est pas retourné pour les embrasser. Alors ils l'ont emmenée,
elle. Dans la voiture qui la ramène à l'école du Village des Papadoums, les parents modèles passent leur couche de morale pré-rentrée habituelle: travail, confiance, sérieux, importance, fierté,...
tout y passe. Entrée en courant dans la cour de son école, bien vite disparue derrière le coin du mur après un bisou rapide. Tout ça, elle y pensera un autre jour. Peut-être.
Rentrés à la maison quelques instants après, un café pour lui, un thé pour elle, et un bout de croissant pour la petite dernière pas encore concernée, les parents modèles savourent le calme de la
maisonnée et se disent que voilà, encore une année qui passe...
Au retour, grande joie des deux côtés: elle a enfin une copine dans sa classe pour tenir tête aux deux garçons, et lui a une nouvelle camarade de jeux, dont on entendra certainement encore parler
si on en croit ses yeux qui brillaient, son sourire idiot, le fait qu'il ait retenu son prénom et qu'il ait fichu le camp dans la salle de jeux quand on lui a fait remarquer qu'lle avait l'air de
bien lui plaire, la petite H. ...
Par La Famille Papadoum
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Publié dans : La vie des Papadoums
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