Mardi 23 juin 2009 2 23 /06 /2009 07:00




Aujourd'hui dans notre rubrique formidable que le monde entier de l'intermède nous envie, nous partons pour Montréal (rien que ça, on se la pète chez les Papadoums, d'être lus de l'autre côté de l'Atlantique) pour découvrir la journée de Dodinette.


Dodinette est donc très belle (forcément). Elle vient de Versailles, même si sa maman est autrichienne. Son mari est "breton pur laine", je cite (Mary, tu apprécieras). Ils ont deux petites volailles, un grand de quatre ans et demi, et une presque grande de trois ans. Tout ce petit monde habite donc à Montréal (admirez le mélange) et parle "comme des vrais"...


Ah, et aussi... Dodinette est bavarde (choueeeeetttttte!) et elle parle mieux d'elle que moi, donc je la laisse faire...




Mise en situation: raconte Dodinette, journée des villes ou journée des champs? (ah ben oui j'écris en vert, maintenant, qu'on me voie causer)

Bon, je me lance...  et je te raconte ma journée type ? ou presque hein, le concept de "journée-type" est tout à fait aléatoire quand on a des enfants de moins de 6 ans. Remarque ma mère te dirait des enfants de moins de 18 ans. Et ma grand-mère sans doute "des enfants tout court". Brèfle, on s'en tape.

donc d'abord le tableau général :
30 ans tout neufs, 2 enfants : garçon de 4 ans et demi, fille de 3 ans, je rêve d'un petit 3e et ensuite d'un 4e mais ça on verra hein.
je vis à Montréal (Canada) depuis presque 4 ans avec mon mari, on a acheté un "condo" (appartement en copropriété) en rdc avec jardinet il y a presque 2 ans sur "Le Plateau Mont-Royal", soit en plein "village gaulois" de cette belle et chouette ville (surtout l'été, hum...), à 15 minutes à vélo du centre des affaires et à 30 secondes à pied de tous les commerces possibles. on fait tout en vélo ou à pied et on tâche de vendre notre voiture.......
je suis depuis peu de nouveau au travail, malheureusement pas salariée mais "travailleur autonome". ça a ses avantages (horaires totalement flexibles) mais aussi beaucoup d'inconvénients (pas de contributions salariales donc zéro protection sociale (chômage, maladie, maternité...) sauf si je prends 1/3 de mon salaire déjà très très maigre et que je le reverse aux gouvernements (Canada et Québec) pour être réglo et payer un max d'impôts)
je déteste la mauvaise foi (et pourtant c'est pas faute de pratiquer, je vis avec un champion toutes catégories ;) ), les situations pas claires parce que je ne sais pas louvoyer (plus honnête que moi tu meurs, ça me perdra je sais), le gigot d'agneau trop cuit de ma mère, préparer mes impôts et faire la cuisine.
j'aime la vie que nous avons choisie, bricoler, le fromage de chèvre bien fort, faire de la couture (tout le temps), lire (plusieurs livres en même temps), quand notre copain blogueur Moukmouk vient faire la cuisine chez nous, râler (je me soigne), prendre des 5à7 avec mes copines au soleil après une journée de dur labeur, et dormir (mon mari dirait plutôt "comater"). ah oui et aussi écrire. huhu.


Ah, enfin quelqu'un qui a pitié de moi et de mon concept: clairement, voilà une journée des villes.
Allez, fais péter le champagne la campagne la ville.


6h50 bipbip bipbip bipbip, grand coup de masse sur le réveil et allumage de la lumière de chevet histoire de pas se rendormir profondément illico presto

7h moins/plus des brouettes, selon les matins, je m'extirpe péniblement de mon plumard pendant que chéridemoncoeur ronfle encore à mes côtés/me pousse généreusement dehors que l'hiver quand ta chambre plafonne péniblement à 14 degrés pour cause de vague de froid intense et d'isolation pourrie, c'est dur un peu.
direction la cuisine où je lance le café (surtout ne pas se planter dans le décompte de cuillères de café, à cette heure-là vu mon état de taupe (oui sans lunettes, je suis perdue) c'est très très dur) (surtout que j'ai hérité des yeux secs de mon père, ce qui signifie qu'il me faut tous les matins d'abord et avant tout une douche, moins pour me laver que pour faire pénétrer l'humidité derrière mes paupières et me permettre d'ouvrir mes mirettes sans douleur)

7h15 environ, je sors de la sdb, avec un peu de chance (c'est rare) chéri est aussi debout et a mis les assiettes sur la table, mais en général c'est plutôt moi qui finis la préparation du ptidèj, mise au grill des tranches de pain, sortie des confitures etc.,

7h18 habillée, je finis par réussir à faire sortir chéri d'entre les couvertures, on ptidéjeune tranquilles en lisant le journal et écoutant la radio (souvent "en s'énervant contre l'hostie d'épais de la circulation" qui nous fait un point sur les bouchons toutes les 20 minutes, aaah quand la radio ne parle qu'aux banlieusards...)

7h50 je prépare les laits chauds des enfants et chéri leurs tartines avant d'aller se laver et s'habiller (notez dans ce qui suit le nombre et la variété des techniques qu'il a mises au point pour ne pas se trouver en présence de ses enfants sauf quand c'est vraiment nécessaire)

7h55 je leur ouvre la porte, souvent mon fils est déjà debout/sur le pot et ma fille ronfle bruyamment, mais des fois ils ronflent encore tous les 2 (mes matins préférés où je peux m'enfouir le visage dans leur cou tout chaud...... juste avant de me prendre un coup de boule en général), et récemment ils deviennent carrément agressifs rapport qu'ils veulent jouer à me faire une surprise, celle de "sortir tous seuls" de leur chambre (ici la sortie autonome de chambre à coucher est théoriquement interdite, c'est papa-et-maman qui décident quand les fauves doivent être lâchés) (et si si ça marche très très bien ce système ils jouent tranquillement dans leur antre puante et ça nous va très bien comme ça)

entre 8h et 8h45 c'est un peu le berdol, habillage ptidèj pipis et brossage de dents dans le désordre, et en hiver tu rajoutes 1/2h d'enveloppement en habits de neige (pantalon, anorak, mitaines, tuques, foulards, bottes) pour 3 personnes dont 2 pas autonomes. tous. les. jours. le papa part en général un peu avant pour éviter d'être témoin des scènes de vio- pardon d'énervement qui s'ensuivent à ce moment-là.

vers 8h45 au plus tard (à une époque c'était 7h50 au plus tard... j'ignore comment on faisait, sachant que non seulement on avait 2 enfants mais en plus fallait parfois avoir déneigé la voiture...) on part à pied à la garderie (nounou qui en garde 9), où il faut en hiver redéshabiller tout ce petit monde avant de pouvoir sacrer son camp.

ensuite le programme de ma journée dépend de si je dois aller au bureau ou pas :
le lundi c'est off, donc courses (supérette, fruiterie, boucherie, boulangerie, biocoop, pharmacie), parfois un peu de semblant de ménage (mais pas trop faut pas charrier), blogue et couture-couture-couture. ou bien rdv divers style changement de pneus de la ouature-qu'on-veut-vendre-depuis-4-mois câââliss qu'elle nous en coûte de l'argent celle-là quand même. ou autres. (aaah les visites au consulat. ou le plombier qui n'arrive pas.)
du mardi au vendredi théoriquement je travaille quelques heures par jour (j'ai changé de job récemment, après plusieurs mois de chômage, lui-même après 3 ans dans une boîte qui m'a conduite au bord de la dépression) donc départ en vélo vers 9h30 de la maison (j'essaie en tout cas, sinon j'arrive pas à décoller après), j'arrive au bureau vers 9h55.
l'heure de départ du boulot est aléatoire, s'il y a beaucoup de boulot c'est 16h15 au plus tard pour être à l'heure à la garderie, sinon un peu plus tôt. et puis les jours où c'est vraiment le rush, j'appelle le papa pour qu'il aille les chercher, il ne travaille pas très loin de la garderie.

17h pétantes tous les enfants doivent être sortis de la garderie sinon ya des frais de retard de l'ordre de 7$ par tranche de 5 minutes (pour info, la garderie est subventionnée et ne me coûte que $7/enfant/jour ouvré, donc si tu arrives mettons 10 minutes en retard, pof ta journée de garderie t'a coûté le triple de son prix habituel O_O ). tout ceci signifie évidemment qu'il faut arriver là vers 16h45 au + tard rapport à l'habit de neige et/ou de la file de parents qui se forme inévitablement.
on rentre en faisant 1 ou 2 petits détours du style "il me manque du fromage râpé" ou le très fameux et non moins universel "yapudpéku" ;)

17h30 (dans ces eaux-là) on est de retour à la maison. en hiver, c'est DVD ou jeux dans la chambre, en été c'est dehors avec les copains de ruelle : les rues de Montréal forment un quadrillage orthogonal parallèlement aux axes duquel se trouvent systématiquement des ruelles (jamais cartographiées à mon sens), autrefois de service (livraison de charbon, écuries, etc..) depuis les années 60 principalement des endroits bétonnés et mal famés où on stationne son char, et depuis quelques années il y a comme un renouveau et certaines ruelles, dont la nôtre par le plus grand des hasards et pour notre bonheur le plus total (et reconnaissons-le sous notre impulsion un peu : moi quand j'aime, je squatte ;) ), redeviennent des milieux de vie où les (grands) enfants jouent au hockey-bottine, les (moyens) enfants font du vélo et jouent au ballon, et les (petits) enfants apprennent à marcher. bon parfois faut se tasser un brin pour laisser passer la folle de service qui estime que son droit de faire passer sa voiture pile là où joue toute la gang de 4/6/10 gamins (selon les jours) est inaliénable et imprescriptible et surtout nous fait remarquer à nous les mamans qui surveillons tout ça à quel point nous sommes irresponsables de les laisser jouer "seuls" (sic) dans des endroits si "dangereux" (re-sic). mais en général notre ruelle est absolument t-r-a-n-q-u-i-l-l-e, ensoleillée et le lieu de tous les 5à7 improvisés entre mamans profitant du soleil que bon, quand 6 à 8 mois par an tu es enfermée chez toi par la neige, c'est vraiment agréable de se faire dorer la pilule en regardant les enfants se fatiguer, le tout loin de tes oreilles ce qui ne gâte rien.

bref.

vers 17h30 papa rentre et se met en général au piano pour 1h environ. de plus en plus souvent il s'enferme dans le salon pour téléphoner, ou alors carrément se tire pour une réunion : depuis quelques semaines il est coordonnateur local pour un parti politique à l'échelon municipal, ce qui donne des soirs comme jeudi dernier où 15 personnes ont débarqué pour une soirée BBQ-tempête de cerveau (.... brainstorming... ;) ), soirée où j'ai joué à la gardienne d'enfants, 2 de ceux-ci étant les miens et 1 une espèce de "ptit criss", le caïd de service qui entraîne tous les autres, n'a peur de rien et n'obéit à personne, un vrai bonheur.

les autres soirs, vers 18h30 ou 19h je commence à m'inquiéter de ce qu'on bouffe, que le patron est supposé préparer d'ailleurs (les jours où il est là) (les autres, on bouffe des céréales ou de la bouillie de semoule au chocolat, les enfants adorent et moi j'ai la paix). les "bons jours" ya de quoi dans le frigo et je lui dis ce qu'il doit préparer, les "mauvais jours" faut improviser (c'est pas son truc) et éventuellement faire un petit saut à la fruiterie ou la supérette. le souper s'ensuit, souvent émaillé de crises parce que nous possédons un exemplaire d'enfant masculin particulièrement chiant
à table, n'ayons pas peur des mots. genre que jusqu'à ses 4 ans, il fallait quasiment le menacer de la torture pour qu'il avale une patate. je vous épargne le reste, si on le laissait faire il se nourrirait de pain, de viande et de yaourt au sirop d'érable.


vers 20h en général je me dis merde, c'est trop tard pour le bain, et je les mets en pyj direct, sauf quand ils me le réclament à grands cris. l'hiver c'est environ 2 bains par semaine de toutes façons (bah quoi ? sont tout le temps à l'intérieur ou bien emmitouflés dans leur habit de neige, sont pas sales hein), pas tellement plus. l'été je me dis merde pareil, mais dépendamment de leur état de crasse (lié à l'intensité de la soirée dans la ruelle) je les y plonge quand même malgré l'heure (trop) tardive. on savonne un peu, on rince, on laisse mariner environ 20 minutes le temps de débarrasser la table / faire la vaisselle / recoudre un pantalon ou un bouton / pondre un billet / étendre le linge / le ramasser / etc.

vers 20h30 les soirs de bain donc, égouttage, séchage sommaire, mise en pyj, brossage de dents, fluor, sautage dans les bras de maman depuis le haut de la laveuse, pipis, bonne nuit papa (qui s'est réfugié devant l'ordi) et 1 histoire, les 2 enveloppés dans la couverture du lit du bas (présentement celui de mon fils... ils s'échangent régulièrement).

quand j'arrive à fermer la porte derrière moi à 21h je trouve ça trop tard... parce que ma soirée à moi est drôlement raccourcie : en général je sors de leur chambre avec la ferme intention de découper un nouveau patron / bâtir tel pantalon / vérifier les pinces de telle robe / etc., et au final je me retrouve plus souvent qu'à mon tour éfoirée dans mon camapé-trop-confortable, celui en cuir où on dort si bien, à perdre du t- pardon, bloguer.

22h je rends les armes et je m'endors sur place.

22h22 chéri me lance "hé tu dors !!?" ce qui me réveille en sursaut et me permet d'aller me brosser les dents rapidos pour pouvoir me coucher à

22h24 et là aussi je trouve ça trop tard. (dans ma vie rêvée je pourrais me coucher vers 9h30 tous les soirs) (si si) (non mais j'en ai besoin quoi, voir le début de journée)




Dodinette, j'vais t'dire... j'ai bien peur que ta grand-mère ait raison... t'es sûre pour les deux prochaines petites cailles?

Merci pour ta participation et plein de bises de l'autre côté de l'Atlantique!

C'est à kiki qui me raconte ses journées à rinfout'?


 
























Par La Famille Papadoum - Publié dans : La top rubrique des Papadoums
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La déco des Papadoums

Le fond super mimi est de la formidable Del4yo que tant de talent dans une seule fille c'est pas possible, avec sa gentille autorisation, va sans dire. Des bises, Delphine.

La photo du ciel, bien sûr, elle est des Papadoums.

La totale maîtrise (ahem) du CSS c'est bibi aussi. Mauvaises langues, va.
 
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