6h50 bipbip bipbip bipbip, grand coup de masse sur le réveil et allumage de la lumière de chevet histoire de pas
se rendormir profondément illico presto
7h moins/plus des brouettes, selon les matins, je m'extirpe péniblement de mon plumard pendant que chéridemoncoeur ronfle encore à mes côtés/me pousse généreusement dehors que l'hiver quand ta
chambre plafonne péniblement à 14 degrés pour cause de vague de froid intense et d'isolation pourrie, c'est dur un peu.
direction la cuisine où je lance le café (surtout ne pas se planter dans le décompte de cuillères de café, à cette heure-là vu mon état de taupe (oui sans lunettes, je suis perdue) c'est très
très dur) (surtout que j'ai hérité des yeux secs de mon père, ce qui signifie qu'il me faut tous les matins d'abord et avant tout une douche, moins pour me laver que pour faire pénétrer
l'humidité derrière mes paupières et me permettre d'ouvrir mes mirettes sans douleur)
7h15 environ, je sors de la sdb, avec un peu de chance (c'est rare) chéri est aussi debout et a mis les assiettes sur la table, mais en général c'est plutôt moi qui finis la préparation du
ptidèj, mise au grill des tranches de pain, sortie des confitures etc.,
7h18 habillée, je finis par réussir à faire sortir chéri d'entre les couvertures, on ptidéjeune tranquilles en lisant le journal et écoutant la radio (souvent "en s'énervant contre l'hostie
d'épais de la circulation" qui nous fait un point sur les bouchons toutes les 20 minutes, aaah quand la radio ne parle qu'aux banlieusards...)
7h50 je prépare les laits chauds des enfants et chéri leurs tartines avant d'aller se laver et s'habiller (notez dans ce qui suit le nombre et la variété des techniques qu'il a mises au point
pour ne pas se trouver en présence de ses enfants sauf quand c'est vraiment nécessaire)
7h55 je leur ouvre la porte, souvent mon fils est déjà debout/sur le pot et ma fille ronfle bruyamment, mais des fois ils ronflent encore tous les 2 (mes matins préférés où je peux m'enfouir le
visage dans leur cou tout chaud...... juste avant de me prendre un coup de boule en général), et récemment ils deviennent carrément agressifs rapport qu'ils veulent jouer à me faire une surprise,
celle de "sortir tous seuls" de leur chambre (ici la sortie autonome de chambre à coucher est théoriquement interdite, c'est papa-et-maman qui décident quand les fauves doivent être lâchés) (et
si si ça marche très très bien ce système ils jouent tranquillement dans leur antre puante et ça nous va très bien comme ça)
entre 8h et 8h45 c'est un peu le berdol, habillage ptidèj pipis et brossage de dents dans le désordre, et en hiver tu rajoutes 1/2h d'enveloppement en habits de neige (pantalon, anorak, mitaines,
tuques, foulards, bottes) pour 3 personnes dont 2 pas autonomes. tous. les. jours. le papa part en général un peu avant pour éviter d'être témoin des scènes de vio- pardon d'énervement qui
s'ensuivent à ce moment-là.
vers 8h45 au plus tard (à une époque c'était 7h50 au plus tard... j'ignore comment on faisait, sachant que non seulement on avait 2 enfants mais en plus fallait parfois avoir déneigé la
voiture...) on part à pied à la garderie (nounou qui en garde 9), où il faut en hiver redéshabiller tout ce petit monde avant de pouvoir sacrer son camp.
ensuite le programme de ma journée dépend de si je dois aller au bureau ou pas :
le lundi c'est off, donc courses (supérette, fruiterie, boucherie, boulangerie, biocoop, pharmacie), parfois un peu de semblant de ménage (mais pas trop faut pas charrier), blogue et
couture-couture-couture. ou bien rdv divers style changement de pneus de la ouature-qu'on-veut-vendre-depuis-4-mois câââliss qu'elle nous en coûte de l'argent celle-là quand même. ou autres.
(aaah les visites au consulat. ou le plombier qui n'arrive pas.)
du mardi au vendredi théoriquement je travaille quelques heures par jour (j'ai changé de job récemment, après plusieurs mois de chômage, lui-même après 3 ans dans une boîte qui m'a conduite au
bord de la dépression) donc départ en vélo vers 9h30 de la maison (j'essaie en tout cas, sinon j'arrive pas à décoller après), j'arrive au bureau vers 9h55.
l'heure de départ du boulot est aléatoire, s'il y a beaucoup de boulot c'est 16h15 au plus tard pour être à l'heure à la garderie, sinon un peu plus tôt. et puis les jours où c'est vraiment le
rush, j'appelle le papa pour qu'il aille les chercher, il ne travaille pas très loin de la garderie.
17h pétantes tous les enfants doivent être sortis de la garderie sinon ya des frais de retard de l'ordre de 7$ par tranche de 5 minutes (pour info, la garderie est subventionnée et ne me coûte
que $7/enfant/jour ouvré, donc si tu arrives mettons 10 minutes en retard, pof ta journée de garderie t'a coûté le triple de son prix habituel O_O ). tout ceci signifie évidemment qu'il faut
arriver là vers 16h45 au + tard rapport à l'habit de neige et/ou de la file de parents qui se forme inévitablement.
on rentre en faisant 1 ou 2 petits détours du style "il me manque du fromage râpé" ou le très fameux et non moins universel "yapudpéku" ;)
17h30 (dans ces eaux-là) on est de retour à la maison. en hiver, c'est DVD ou jeux dans la chambre, en été c'est dehors avec les copains de ruelle : les rues de Montréal forment un quadrillage
orthogonal parallèlement aux axes duquel se trouvent systématiquement des ruelles (jamais cartographiées à mon sens), autrefois de service (livraison de charbon, écuries, etc..) depuis les années
60 principalement des endroits bétonnés et mal famés où on stationne son char, et depuis quelques années il y a comme un renouveau et certaines ruelles, dont la nôtre par le plus grand des
hasards et pour notre bonheur le plus total (et reconnaissons-le sous notre impulsion un peu : moi quand j'aime, je squatte ;) ), redeviennent des milieux de vie où les (grands) enfants jouent au
hockey-bottine, les (moyens) enfants font du vélo et jouent au ballon, et les (petits) enfants apprennent à marcher. bon parfois faut se tasser un brin pour laisser passer la folle de service qui
estime que son droit de faire passer sa voiture pile là où joue toute la gang de 4/6/10 gamins (selon les jours) est inaliénable et imprescriptible et surtout nous fait remarquer à nous
les mamans qui surveillons tout ça à quel point nous sommes irresponsables de les laisser jouer "seuls" (sic) dans des endroits si "dangereux" (re-sic). mais en général notre ruelle est
absolument t-r-a-n-q-u-i-l-l-e, ensoleillée et le lieu de tous les 5à7 improvisés entre mamans profitant du soleil que bon, quand 6 à 8 mois par an tu es enfermée chez toi par la neige, c'est
vraiment agréable de se faire dorer la pilule en regardant les enfants se fatiguer, le tout loin de tes oreilles ce qui ne gâte rien.
bref.
vers 17h30 papa rentre et se met en général au piano pour 1h environ. de plus en plus souvent il s'enferme dans le salon pour téléphoner, ou alors carrément se tire pour une réunion : depuis
quelques semaines il est coordonnateur local pour un parti politique à l'échelon municipal, ce qui donne des soirs comme jeudi dernier où 15 personnes ont débarqué pour une soirée BBQ-tempête de
cerveau (.... brainstorming... ;) ), soirée où j'ai joué à la gardienne d'enfants, 2 de ceux-ci étant les miens et 1 une espèce de "ptit criss", le caïd de service qui entraîne tous les autres,
n'a peur de rien et n'obéit à personne, un vrai bonheur.
les autres soirs, vers 18h30 ou 19h je commence à m'inquiéter de ce qu'on bouffe, que le patron est supposé préparer d'ailleurs (les jours où il est là) (les autres, on bouffe des céréales ou de
la bouillie de semoule au chocolat, les enfants adorent et moi j'ai la paix). les "bons jours" ya de quoi dans le frigo et je lui dis ce qu'il doit préparer, les "mauvais jours" faut improviser
(c'est pas son truc) et éventuellement faire un petit saut à la fruiterie ou la supérette. le souper s'ensuit, souvent émaillé de crises parce que nous possédons un exemplaire d'enfant masculin
particulièrement chiant à
table, n'ayons pas peur des mots. genre que jusqu'à ses 4 ans, il fallait quasiment le menacer de la torture pour qu'il avale une patate. je vous épargne le reste, si on le laissait faire il se
nourrirait de pain, de viande et de yaourt au sirop d'érable.
vers 20h en général je me dis merde, c'est trop tard pour le bain, et je les mets en pyj direct, sauf quand ils me le réclament à grands cris. l'hiver c'est environ 2 bains par semaine de toutes
façons (bah quoi ? sont tout le temps à l'intérieur ou bien emmitouflés dans leur habit de neige, sont pas sales hein), pas tellement plus. l'été je me dis merde pareil, mais dépendamment de leur
état de crasse (lié à l'intensité de la soirée dans la ruelle) je les y plonge quand même malgré l'heure (trop) tardive. on savonne un peu, on rince, on laisse mariner environ 20 minutes le temps
de débarrasser la table / faire la vaisselle / recoudre un pantalon ou un bouton / pondre un billet / étendre le linge / le ramasser / etc.
vers 20h30 les soirs de bain donc, égouttage, séchage sommaire, mise en pyj, brossage de dents, fluor, sautage dans les bras de maman depuis le haut de la laveuse, pipis, bonne nuit papa (qui
s'est réfugié devant l'ordi) et 1 histoire, les 2 enveloppés dans la couverture du lit du bas (présentement celui de mon fils... ils s'échangent régulièrement).
quand j'arrive à fermer la porte derrière moi à 21h je trouve ça trop tard... parce que ma soirée à moi est drôlement raccourcie : en général je sors de leur chambre avec la ferme intention de
découper un nouveau patron / bâtir tel pantalon / vérifier les pinces de telle robe / etc., et au final je me retrouve plus souvent qu'à mon tour éfoirée dans mon camapé-trop-confortable, celui
en cuir où on dort si bien, à perdre du t- pardon, bloguer.
22h je rends les armes et je m'endors sur place.
22h22 chéri me lance "hé tu dors !!?" ce qui me réveille en sursaut et me permet d'aller me brosser les dents rapidos pour pouvoir me coucher à
22h24 et là aussi je trouve ça trop tard. (dans ma vie rêvée je pourrais me coucher vers 9h30 tous les soirs) (si si) (non mais j'en ai besoin quoi, voir le début de journée)