Vendredi 20 mars 2009
5
20
/03
/2009
10:30
De ci, de là, et encore là, mais aussi un peu partout, on peut lire des récits
d'allaitement idyllique, long, harmonieux. La palme d'or revenant à une maman de cinq jeunes enfants, les deux derniers étant jumeaux, qu'elle compte bien allaiter jusqu'à leur 18 mois. Sans aller
jusque là, il me faut dire quelques mots, puisqu'on ne m'a rien demandé.
D'abord, allaiter ou non son enfant, c'est un choix. Parfois ce choix est évident, parfois moins. Mais allaiter un bébé sans être sûre d'en avoir vraiment envie, c'est courir à l'échec, enfin, je
veux dire, à l'arrêt rapide, à moins d'avoir la révélation de sa vie grâce à bébé, ce qui est possible aussi.
On a beau donner tous les arguments pour et contre, pour moi chaque argument a son contre-argument, et ce n'est pas ça qui va faire pencher la balance. Si on me dit: "le sein, c'est toujours prêt",
je réponds: "un bib, et papa peut le donner la nuit". Si on me dit: "le sein, c'est tout terrain", je réponds: "Essaie d'avoir un bébé en hiver, et on en recause". Bref, s'il y a vraiment besoin
d'arguments, c'est qu'il vaut mieux encore un peu y réfléchir et se demander ce qu'on ressent au fond de soi. Si on s'y engage, on accepte les quelques sacrifices inhérents à son choix, et on tient
bon.
Parce que oui, un allaitement, ça peut être galère.
Mais ça n'empêche pas de le faire quand-même. Et de connaître cet instant de fierté lorsqu'on pose chaque mois son bébé sur la balance du pédiatre.
Ca empêche juste de se sentir en phase avec tous les portraits de mamans allaitantes, rayonnantes et militantes.
J'ai allaité mes trois enfants. C'était une évidence, même pas un choix. Mais mon corps a été trois fois rebelle. Au bout de trois mois, il m'a chaque fois fait comprendre qu'il ne voulait
plus.
Alors on passe par tous les stades. On teste toutes les recettes de grand-mère censées favoriser la lactation. On écoute tous les conseils. On se décourage. On culpabilise; On va lire sur le site
de la Leche League que non, ça n'existe pas, les mamans qui n'ont pas assez de lait (je les invite à me rendre visite). On reculpabilise encore plus. Et là, on rencontre une puéricultrice de PMI
formidable, qui pose le doigt là où ça fait mal, pour vous obliger à réfléchir à tout ça posément.
Pourquoi j'allaite? Pourquoi ça me fait tellement mal que chez moi, ça ne marche pas comme ça devrait? Et pourquoi je dis que ça ne marche pas comme ça devrait? C'est quoi ce mot "échec"? Pourquoi
je dis que ça foire, si mon bébé a juste besoin d'un biberon de plus? Pour être sûre de donner tort à ma mère, qui a un jour déclaré "oh tu peux allaiter, mais tu verras, dans la famille, on n'est
pas des bonnes laitières!" Pourquoi je vois tout en noir? Qu'est-ce que j'ai fait de travers pour que ça ne marche pas? Pourquoi je veux absolument "réussir"? C'est quoi ce mot "réussir", cette
pression que je me mets, parce qu'aujourd'hui le bo-bio est à la mode? C'est quoi cette pression sociale qui dit que si t'allaites pas jusqu'à 6 mois minimum, ton enfant risque les allergies, les
maladies, bref que t'es une mauvaise mère? Que si tu lui mets pas des couches lavables (à l'eau, je précise, denrée que les trois quarts de la planète considèrent comme un luxe) tu pollues la
planète de ton enfant, donc que tu es une mauvaise mère? Qu'à tous les coups t'es une mauvaise mère, pour résumer.
Marre. Marre. Marre. J'ai fait de mon mieux. J'aimerais que mes enfants disent ça de moi, plus tard: "Elle a fait de son mieux". Je ne suis pas une mère parfaite. Aurais-je été meilleure si j'avais
pu les allaiter plus longtemps comme je l'aurais voulu? Parfois, la nature est comme ça. Elle donne certaines choses à des gens qui n'en veulent pas, et le refuse à ceux qui aimeraient tant. C'est
tout.
Donc je me suis battue. Avec toutes les recettes de grand-mère dont je vous passerai le détail (celles qui sont intéressées peuvent écrire au bureau des Papadoums, qui transmettra) parce que je
crois franchement, après trois expériences, que ce n'est pas ça qui "sauve" un allaitement. Si votre corps est d'accord, ces recettes ne seront que des petits plus en cas de coup de mou, mais si
votre corps refuse, il faut aussi savoir l'écouter.
Je me suis battue disais-je. Quand la Demoiselle a été hospitalisée en réanimation, je tirais mon lait. Il a été analysé, puis congelé, le temps qu'elle puisse remanger. J'y veillais comme sur de
l'or. je savais mon lait précieux. On m'encourageait, les infirmières étaient fantastiques, je pouvais même venir en pleine nuit, car ce lait lui permettrait de guérir plus vite. Puis quand elle a
été retransférée en pédiatrie , j'ai emporté avec moi la précieuse glacière dans l'ambulance. Arrivée dans le service, j'ai demandé sans relâche que mes biberons de lait maternel soient remis au
congélateur. Ils ont été oubliés sur une table. J'en ai pleuré de rage, et surtout quand il a fallu lui donner des compléments de lait artificiel, quand elle a pu recommencer à manger. Quand je
demandais comment j'allais pouvoir lui donner ses antibiotiques, vu qu'elle recrachait, on me répondait de les mettre dans le biberon! Et je devais leur répéter sans cesse que j'allaitais, que
c'était d'ailleurs pour ça que je restais jour et nuit avec mon bébé à l'hôpital... Après cet épisode, entre le stress, la fatigue et l'appétit de la Demoiselle qui rattrapait le temps perdu, j'ai
ramé, je suis devenue une pro du biberon de complément, du "je jongle entre tétée et biberon", du tire-lait où il me fallait 3 séances pour tirer 150 malheureux ml...
Malgré tout, c'était du bonheur. J'aimais ces moments où je m'isolais avec mon bébé. Où parfois mes deux grands venaient pour une explication. J'aimais que les gens s'excusent de me déranger "oh
pardon, je n'avais pas vu que tu étais occupée". J'ai aimé cette sage-femme venant me trouver à la fin d'un concert de BarbaLala et de la Fée où j'avais allaité dans un coin au fond de la salle, et
me féliciter, me demander si tout se passait bien. J'ai aimé mon père sortant de la chambre de la maternité le temps que mes enfants aient bu. J'ai beaucoup moins aimé quand parfois une indélicate
écartait la couverture pour tout bien voir, et quand elle a mal pris mon malaise. Même si on peut bronzer seins nus à la plage, même si on peut allaiter partout, c'est un moment d'intimité avec son
bébé qui ne se partage qu'avec les intimes...
Un jour, la Demoiselle m'a fait comprendre qu'elle aussi ça la fatiguait, ces histoires de tétées, de compléments, que ni elle ni moi n'étions relax, finalement. Elle m'a fait comprendre que
pendant quelques jours, on ne ferait plus que des tétées câlins quand elle en aurait envie. Elle s'interrompait pour me faire ses plus beaux sourires. Je n'oublierai jamais ses yeux remplis
d'amour, qui m'apaisaient. Et puis un jour, elle n'a plus cherché le sein du tout. Et nous avons commencé une autre histoire, au biberon. Que je lui ai choisis avec amour. Que je lui ai donnés avec
amour. Elle a mis le temps, mais aujourd'hui elle me fait les mêmes pauses-sourires, et les mêmes grands yeux bleus pleins de longs cils qui cherchent les miens.
A refaire? J'allaite encore. En étant consciente des limites de mon corps. Et déculpabilisée. Beaucoup plus sereine.
Aujourd'hui je milite pour un libre choix de chacune. Et pour qu'on arrête de nous mettre cette pression du "tout réussir de la mère parfaite". Aux futures mamans qui me demandent des conseils, je
leur dis de tenter cette belle aventure si elles en ont envie, mais de rester zen si elles ont tout fait bien comme il faut mais que leur corps dit non. Qu'allaiter est un acte naturel et doit le
rester. Et que si moi je ne suis pas l'exemple en la matière, la marraine de la Demoiselle a allaité ses deux garçons plus de 9 mois dans un pur bonheur bien mérité.
Edit: que les trois blogs cités plus haut ne se sentent pas attaqués par mon article, je les félicite pour leur
allaitement et leur souci de venir en aide aux autres. Aurélie et Marjo m'ont d'ailleurs envoyé de nombreux mails privés pour me soutenir et je les en remercie ici. Je voulais juste dire que pour
moi il n'y pas la place pour le combat pro-contre, qui est un choix personnel de chacune. Mais que si beaucoup prennent la plume pour dire combien allaiter c'est chouette, peu le font pour dire
oui, mais parfois c'est aussi galère. Du coup quand on est en galère et qu'on cherche de l'aide, ça mine un peu et on se sent un peu seul...
Par La Famille Papadoum
-
Publié dans : La vie des Papadoums
-
23
-
Recommander
Je suis navrée mais moi, j'ai allaité ma grande fée jusqu'à 15 mois, la petite fleur est toujours allaitée. Et effectivement c'est dur, car j'ai beaucoup moins de lait que pour mon premier allaitement et la tentation de compléter est forte mais je tiens bon parce que je n'ai pas envie de lâcher, mais c'est mon choix et je comprends que certaines ne veuillent pas se "compliquer la vie" comme je peux le faire ...!
On est toutes des mamans différentes, on a toutes des bébés différents, on a des vies, des modes de vie, des aspirations différents, on fait des choix différents !!!
Alors c'est vrai que, moi, je trouve ça dommage de se priver des joies des tétées, parce que c'est vrai que ce sont des moments fantastiques et uniques à partager avec son bébé ! Mais en même temps, je ne sais pas ce que c'est que de donner un biberon alors comment je pourrais juger ???
Mais ce que je veux dire surtout, c'est NON ! LES MAMANS ALLAITANTES NE SONT PAS DES INTEGRISTES !!! En tout cas, pas toutes (et moi, je n'en ai jamais rencontré alors...). Il faut arrêter de dire qu'on ne fait que culpabiliser ces mamans qui préfèrent donner du LA, car ce n'est pas le cas !!! Moi, j'aimerais bien savoir qui, où, quand, comment on culpabilise ces mamans ???? Cette culpabilité, j'ai bien l'impression que ce n'est pas nous qui la véhiculons mais bien ces mamans qui n'allaitent pas qui se la créent...sinon, je demande à voir !...
Il faudrait arrêter de s'autoflageller pour un oui, pour un non !!! Il n'y a pas de parent parfait, qu'on se le dise ! Alors soyons bien dans nos godasses, c'est tout ce qu'il faut pour avoir des enfants heureux !
Encore une fois, c'est ce qu'on se met dans la tête qui fait qu'on se met la pression... C'est exactement pour ça que je dis que réfléchir là dessus permet de déstresser, me poser les bonnes questions m'a aidée énormément.
Ce ne sont pas les "mamans allaitantes longue durée" de manière individuelle qui m'ont fait me sentir "pas à la hauteur" (sinon je ne parlerais plus à ma meilleure amie, un comble!) mais le fait que quand tu es dans la mouise, tu cherches, et tu lis parfois des trucs hallucinants (vive, comme d'hab, les médias de tout poil), qui font qu'après tu te sens encore plus "en échec", et c'est contre ce mot que je me bats. Ce n'est pas un échec d'avoir allaité 3 mois, même si j'aurais tellement aimé continuer.
Intégriste, je n'ai jamais écrit ce mot. J'ai juste dit que quand tu vas sur le site de la Leche League, référence officielle en la matière, pour tenter de trouver une solution à ton problème et que tu lis que ne pas avoir assez de lait, ça n'existe pas, ça m'a plombée.
Cet article était fait vraiment pour dire "faites ce que vous voulez, du moment que vous le faites de tout coeur". Pas pour opposer les pros et les contres.
Bonne continuation dans ton allaitement. (Passé le sentiment d'injustice et de pourquoi moi, j'admire les mamans qui y arrivent).
2. Je suis contente Rox que tu aies enfin osé cet article qui te tenait à coeur.
3. Maman tendresse, ce n'est pas à moi de répondre à la place de Roxane mais je ne crois pas qu'elle évoque une persécution des mamans allaitantes, plutôt d'une pression sociale (de la perfection). Cela dit, oui, il y a des mamans allaitantes intégristes et il n'y a qu'à aller sur les forums de femmes enceintes pour s'en rendre compte.
Comme il y a des mamans allaitantes qui ne font pas de prosélytisme (genre, celles n'allaitant pas ne veulent pas "se compliquer la vie" parce que ne pas allaiter ne peut pas se résumer au fait de ne pas vouloir se compliquer la vie. Je vois mal où il n'y a pas de jugement dur dans ces propos).
J'ai connu 2 allaitements totalement différents ; ce qui a beaucoup changé ma perception des choses.
Or souvent les mamans ont le sentiment de tout connaître de l'allaitement par leur expérience... Et ça aussi, c'est dommage.
L'expérience devrait permettre une ouverture aux autres, pas une fermeture.
Je crois avoir plus appris de mon 3ème allaitement que des deux autres, car pour la première fois j'y ai vraiment réfléchi, à tout ce qu'il signifiait d'enfoui pour moi. Et ça m'a appris beaucoup plus qu'un allaitement qui roule...
Je pense qu'on se complique autant la vie dans les deux cas et on se la facilite également dans les cas, à chaque argument, il y a effectivement un contre argument !
Et je pense également que les médias ne sont pas beaux dans cette histoire, car on culpabilise les mamans qui n'allaitent pas et on fait passer les mamans qui allaitent pour des vaches (c'est fin, hein !?!
Personnellement, je suis pour l'allaitement (tant qu'il est bien vécu) et je comprend qu'on ne souhaite ou puisse pas allaiter. Et en tant que maman allaitante, je voudrais aussi dire que "la leche league, oui, mais bon..."Je trouve que niveau mécanique, ok, y a de la matière mais qu'il n'y a pas que la mécanique dans l'allaitement donc les articles de la leche league sont pour moi à lire avec un certain recul...
Il n'y a pas de meilleur maman qu'une maman épanouie qui croit en ce qu'elle fait ! Il faut se faire confiance (en allaitant ou pas) et nos bébés ne s'en proteront que mieux (allaités ou pas) !
Je me suis souvent énervée après le site de la LL qui minimise complètement par un positivisme de propagande les réels problèmes que peuvent rencontrer de jeunes mamans. On trouve une solution standardisée à tout alors que chaque bébé est différent ! Ceci renforce le désarroi des mamans qui galèrent... Elles n'y arrivent pas alors que quand on veut... on peut !
Mais il ne faut pas croire que chez les mamans pro-allaitement, j'entends par là militantes-plus-mieux, le rapport à l'allaitement est toujours si naturel que ça. C'est curieux par exemple de voir à quel point une jeune maman qui a avorté quelques temps auparavant met un zèle excessif à être une bonne mère selon les critères de l'alimentation et toute autre chose matérielle qui la rassurent...
Si le sujet est "chaud", il faut se demander qu'est-ce qui se joue... ;-)
Je pense que quand on est sûre de soi en tant que parent et qu'on comprend que nourrir son enfant est un acte nécessaire mais que n'est pas ce qui va permettre à l'enfant d'être heureux, on relativise grandement l'allaitement, le bib, les petits pots, le babycook.
Et plus on vieillit ou plutôt plus ses enfants grandissent et plus on mesure que c'est idiot tout ça parce qu'un bébé, il a besoin d'une altérité, de regards, de caresses, de paroles qui sont la nourriture de son affect.
On s'est rendu compte que des nourrissons dans des orphelinats en Roumanie se laissaient mourir malgré les soins réguliers car il n'y avait ni échange ni tendresse entre les bébés et les nurses.
Ca remet les choses à leur place ! ;-)
Et LE truc qui tue est écrit sur les boîtes de lait: "L'allaitement maternel jusqu'à 6 mois révolus est ce qu'il y a de mieux pour votre enfant. Cependant..." Ca vient du ministère de la Santé je suppose. Et là j'hallucine. Sous-entendu: comment, vous ne donnez pas le meilleur pour votre enfant, alors que vous venez d'investir dans une poussette top classe la plus mieux???
Si l'allaitement est si problèmétaique en France, c'est parce qu'il y a de graves carences des pouvoirs publics et du milieu médical.
Bref, en ce qui te concerne, je trouve que ton allaitement est une belle réussite et je te félicite, Madame Papadoum !
D'accord avec toi: si en maternité on te soutient, dans le même hopital en pédiatrie 6 semaines après on te fait comprendre que tu es chiante avec ton allaitement!
Je trouve aussi que c'est une réussite puisque ça m'a permis d'avancer dans ma tête et que la Demoiselle était en phase avec moi.
Ta photo pour le concours de Dana cette semaine est magnifique, je vais voter pour toi. (et en plus ça fait 3x que je lui envoie les miennes elle les reçoit pas, c'est un signe, tu vas gagner).
Moi je dis qu'on doit les allaiter pour se faire plaisir sinon un jour, on leur reproche aux morveux.
"J'ai tout fait pour toi et voilà comment tu me remercies !"
Ah, la belle mère parfaite pleine de sacrifices !
Pour moi, ils ne nous doivent rien.
Message pour Papa-touille : Merci beaucoup du tuyau ! J'ose pas répondre par mail. Je suis une fan timide. Si.
Toi et Papa-Touille, vous gênez pas, hein!
Moi j'ai eu plus de témoignages de mamans qui ont galéré que de témoignages positifs. Allaiter n'est pas facile du tout et lorsque j'entend "ha moi c'est super, je déborde de lait, mon bébé fait ses nuits depuis la maternité" etc... je me dis que c'est louche.. J'allaite toujours Lisa parceque j'ai pu reprendre mon travail plus tard et que j'avais l'expérience de Léo pour mieux démarrer mon deuxième allaitement (car j'ai eu des débuts vraiment pour Léo -voir mon témoignage sur mon blog-) Mais c'est pas sans contraintes : elle ne fait pas ses nuits, je suis crevée, j'ai la tête d'un zombie, moi je dis que c'est pas facile du tout d'allaiter !!!
Cependant, en tant que diététicienne, je peux te certifier que les industriels ne peuvent pas fabriquer un lait artificiel qui présente les mêmes avantages que le lait maternel....quant aux allergies dont tu parles il s'agit d'allergie liée à une alimentation diversifiée introduite trop précocément la plupart du temps....les autres allergies au lait de vache par exemple peuvent très bien apparaître même après un allaitement maternel....
Difficile de dire que tout est blanc ou tout est noir, il y a beaucoup de nuance de gris...
En fait j'essaie de dire que chacune fait de son mieux et qu'il ne faut pas culpabiliser...il y aura toujours quelqu'un pour trouver quelque chose à dire...nous sommes tous uniques...et si la tolérance c'était admettre que chacun est unique ... tant que nous ne maltraitons pas nos enfants et que nous leur apportons ce dont ils ont besoins pour grandir heureux (nourriture, amour,...).
Tout ce que tu écris me laisse penser que tu es une bonne maman car ta préoccupation principal reste le bien-être de tes enfants, c'est très important. Continue à être toi sans culpabiliser.
Je m'aperçois que je te laisse un très long com...je ne sais même pas si tu vas apprécier mon passage...du coup c'est moi qui doute !!!
Bonne soirée et bon week end à toi et à toute ta famille.
Je serai moins longue car je n'ai rien à ajouter: je suis tout à fait d'accord avec toi!
Bien sûr que je sais que c'est meilleur pour eux, la nature nous ayant pourvu de seins n'est pas folle. Mais c'est contre ces mots réussite, échec, culpabilité, que je me bats. Tout n'est pas rose et il faut le (faire) savoir. Comme si être maman ce n'était pas tâtonner chaque jour à la recherche du mieux...
Ceci étant posé, je ne suis pas moi non plus une bonne laitière et j'ai un rapport excessivement douloureux avec ce sujet, que j'évite toujours. Mon grand n'a connu que le biberon car une sage femme m'a dit "si c'est juste pour l'allaiter trois jours et arreter ensuite, c'est égoiste alors ce n'est pas la peine". J'en ai pleuré des semaines et j'ai eu cet échec en travers de la gorge pendant 12 mois. Jusqu'à accoucher de mon second où une sage-femme m'a dit "si c'est juste pour l'accoucher trois jours et arrêter ensuite ça vaut quand même le coup". Va comprendre. J'ai mis mon fils au sein et j'en ai pleuré d'émotion. Pour des raisons différentes des tiennes et que je n'ai pas envie de citer, il a eu dès le début un allaitement mixte (qui ne pouvait donc qu'échouer) et la tétée était surtout là pour le plaisir. J'étais coupable, je me sentais coupable, mais je sentais la bouche de mon fils me mordillait le téton et j'étais profondément fière, même si j'en pleurais.
Voilà, ca ne va pas t'aider peut-être mais je crois que c'est un son de cloche un peu différent de tout ce que l'on peut lire, j'aurais aimé à ce moment-là en avoir aussi pour relativiser..
je t'embrasse bien fort
tout comme ".. de mon fils me mordillER le téton", je suis révoltée par les fautes chez les autres alors même si celle-ci est une étourderie totale, c'est insupportable à lire!!
voili voilou!!!
bises ma belle :o)
Mais pour ne pas trop les fatiguer, ils ont surtout bu au biberon mais avec mon lait que je tirais.
Une semaine après leur naissance, de retour à la maison je n'avais plus de lait!
Donc ils ont eu un mixte sein-biberon et sont en pleine forme!!!
Je garde quand même de petits souvenirs de mon fils qui tétait...
Pour la prochaine naissance, je tenterais l'allaitement.
Chacun doit faire selon ses convictions et surtout ces capacités!
Bonne journée
Merci pour ton témoignage. Tu as tout à fait raison, et à bas le discours culpabilisant (ou est-ce nous les mères qui prenons ce sujet tellement (trop?) à coeur, comme tout ce qui concerne nos enfants?
Merci pour ta gentillesse. Moi non plus je ne regrette rien! La galère m'a juste permis d'être encore plus tolérante, si besoin était. Et aussi un questionnement intérieur sur la maternité liée depuis la nuit des temps à la culpabilité... symbolisée au plus haut point par l'allaitement.
J'aurais dû répondre : non, je la laisse mourir de faim...
A cette question, qu'on réponde : je l'allaite ou bien : elle reçoit le biberon, on ne peut que culpabiliser.
Une collègue a emmené son bébé de 4 mois au Maroc, où elle l'a allaité exclusivement durant 6 mois. A son retour sous nos latitudes, son pédiatre lui a assené : "vous êtes inconsciente " parce que le bébé (éveillé et rieur) était sur la courbe de croissance la plus basse. Le docteur n'a peut-être pas vu que sa maman fait 1m50 et 45 kg toute mouillée...
Bref, je pense que ce sont les diktats de la bébéologie moderne qui font des ravages (et ça ne date pas d'hier...). Les fruits de nos entrailles doivent déjà être performants bien avant leur naissance, c'est pour ça qu'on culpabilise leurs mères.
J'ai voulu malgré tout allaité mon 2ème, un bon gros garçon qui est né affamé et qui a rampé jusqu'à mon sein tout de suite (ce que ma fille n'avait pas fait, elle est née, a exhalé un tout petit cri et s'est endormie). Allaitement idéal, sans aucun problème ni de quantité (pour moi), ni de prise de poids (pour lui). Jusqu'au sevrage pour cause de reprise du travail.
Enchanté, j'ai voulu allaiter mon 3ème, en me disant que c'était bon, je savais faire... (n'entend on pas partout que si la maman n'allaite pas, c'est qu'elle s'y prend mal, que toutes ont du lait et patati et patata ?). Bref, après des débuts encourageants, au bout de 3 semaines, j'avais si mal au moment où mon petit me prenait le sein (téton pelé intégralement + zone à stimuler pour produire le lait ultra sensible entre 2 mâchoires d'acier...) que je doute que le contact mère-enfant "épanouissant" tant vanté par la leche league pour l'allaitement soit présent. Je me raidissais à l'avance à chaque tétée. J'étais tentée de le laisser attendre tellement je redoutais la douleur. Bref, après une semaine de souffrance (aucune amélioration) et de culpabilité (je lui donnerais moins qu'aux 2 autres ? ne pourrais-je tenir encore un peu ? ça serait tellement mieux pour lui...) qui finissait en crises de larmes, j'ai fini par craquer, le sevrer (à 4 semaines), il s'est jeté sur le biberon avec joie, j'ai souffert 3 jours (sevrage d'un coup, parce que j'avais trop mal) et après, on a eu d'autres moments peau contre peau, de câlins, mais il a été nourri au biberon.
Bref, je pense que le mieux pour un bébé, c'est que sa mère se sente bien avec lui...
Et c'est vrai qu'il y a une très forte pression sociale de nos jours sur l'allaitement, pour peu qu'on soit un peu concernées par l'avenir de la planète, tous les sites de l'Internet ou la blogosphère vaguement écolo ou bio nous ramènent effectivement à l'allaitement le plus long possible (et aux couches lavables, :-) ). Donc je comprends on ne peut plus ce que Maman Papadoum a pu ressentir... mais franchement, l'allaitement, ce n'est pas une évidence, et c'est à chacune de faire son choix... et quel qu'il soit, on n'a pas à juger (ni dans un sens, les allaitantes jusqu'à plus de 5 ans de l'enfant, même si ça paraît "bizarre", ni dans l'autre... il y a forcément une histoire et une bonne raison derrière chaque cas).