Mercredi 24 décembre 2008 3 24 /12 /2008 14:15
La nuit a duré une grosse semaine... Ames sensibles, passez votre chemin.

Tout a commencé par une banale pharyngite, refilée à la Demoiselle par son grand frère au grand coeur (puisqu'il partage). Au début, après un peu d'inquiétude, ça nous faisait presque rire ses petits miaulements de chat, et ses pleurs sans son, puisqu'elle était complètement aphone.

Lundi, elle semblait se porter mieux. Je décide de me rendre comme prévu au rendez-vous d'ostéopathie prévu de longue date, à 13 heures 30, à Metz.  La Demoiselle a de nouveau de la fièvre, et je suis un peu inquiète. L'ostéopathe, qui est à la base médecin, me rassure. Jusqu'à 6 jours, pour un virus, c'est normal. Il l'ausculte, et trouve que ça grésille un peu dans le poumon droit, et me conseille de revoir le médecin traitant le lendemain si elle ne va pas mieux.

Le médecin en question commence ses consultations à 16 heures. Je rentre déposer le Pirate chez Tata en passant. J'appelle le médecin, qui me conseille de me rendre directement aux urgences pédiatriques à Metz pour faire une radio des poumons. Je passe chercher la Fée à l'école, la dépose au Conservatoire de Musique où Tata la récupèrera deux heures plus tard. Et je reprends la direction de Metz. La Demoiselle n'a pas mangé depuis 11 heures, mais je décide de profiter de son sommeil pour faire la route et ne pas perdre de temps. Intuition maternelle... Heure de pointe. Bouchons pour traverser la ville. Derrière, la Demoiselle s'éveille et enchaîne les quintes de toux. J'arrive en trombe aux urgences. En dix secondes, quatre infirmières et un médecin s'activent au dessus de mon bébé, en manque d'oxygène et tout gris. Plus tard, ils me confieront qu'elle leur a fait très peur.

Prise de sang, prélèvement, radio des poumons, verdict: bronchiolite à VRS et gros foyer infectieux au poumon droit. Je comprends à ce moment que les jours suivants seront très durs. Je rentre à la maison prendre quelques affaires, et je retourne la veiller.

Urgences pédiatriques, Metz

Au bout de 24 heures où ils épuisent toutes les techniques à leur disposition pour tenter d'oxygéner correctement la Demoiselle, ils avouent leur impuissance et appellent le SAMU pour un transfert en couveuse médicalisée sur le CHU de Lorraine à Nancy, direction la réanimation pédiatrique. Sur l'autoroute, l'ambulance me dépasse, les sirènes hurlent, les lumières bleues strient la nuit. Dedans, mon bébé se bat pour ne pas mourir étouffée.
A Nancy, en réa, tout est silencieux, sauf les bips des machines qui contrôlent le moindre souffle des bébés qui luttent ici contre la mort. On me permet de voir ma puce après passage de deux sas de désinfection et habillage de circonstance. Elle est calme, mais s'agite au son de ma voix. Je ne reste pas trop longtemps, il est très tard, et je ne veux pas la fatiguer inutilement.

Je ressors, et me mets en quête d'une chambre d'hôtel. Sur mon portable, les messages de soutien affluent, mais je suis trop fatiguée pour y répondre. Je trouve une chambre et m'y écroule jusqu'au lendemain.

Quand j'arrive le lendemain matin, les infirmières sont en train de lui poser un système de respiration impressionnant mais super efficace. Il s'agit de maintenir les alvéoles pulmonaires ouvertes au maximum, pour que les échanges se fassent au mieux. La puce est calme. Dans ses yeux, je vois qu'elle me reconnaît. Je passe la journée près d'elle. On est déjà mercredi. Elle est toujours sous perfusion. Dans l'après-midi, on lui pose une sonde gastrique pour l'alimenter avec mon lait tiré à côté d'elle.  5 ml par heure, soit 120 ml par jour, un biberon... C'est tout ce que je peux faire pour elle, et je le fais de tout mon coeur, pour lui rendre des forces. De toutes façons, je n'ai plus de larmes pour pleurer.






















Rénimation pédiatrique, Hôpital d'enfants, CHU de Lorraine, Nancy.











Le soir, elle est prise de quintes de toux impressionnantes. Ca dure deux heures, elle n'arrive plus à respirer entre les quintes. L'infirmière appelle le médecin pour me rassurer... Il paraît que c'est normal, mais c'est très dur à voir. Je ne pars qu'après qu'elle soit à nouveau calme. Je lui chuchote de se battre très fort, que tout le monde l'attend à la maison, que tout le monde pense à elle. Elle s'endort, et moi je retrouve ma chambre d'hôtel. Il est plus de minuit.


La journée de jeudi est celle des progrès. On double l'alimentation: 10 ml par heure. Après avoir beaucoup dormi, elle ouvre les yeux et joue du regard avec moi. Dans l'après-midi, on lui retire son système de respiration pour lui remettre les petites lunettes à oxygène, pour voir comment elle résiste. Tout va bien! On lui enlève aussi sa perfusion, et on augmente progressivement son alimentation. J'ai le droit de la prendre enfin dans les bras, et je ne m'en prive pas. L'infirmière me la pose dans les bras, avec tous ses fils reliés à ces machines qui sonnent dès qu'elle n'est pas bien. Elle cherche mon sein et me regarde avec ses grands yeux. Je lui dis qu'elle n' a pas encore le droit de manger, demain, si elle se bat bien. Le soir en partant, vers 23 heures, je suis euphorique, mais je sais que la rechute est possible, alors je tente de rester calme.

Le vendredi matin, quand j'arrive, plus de sonde gastrique. Je sais ce que ça veut dire: elle va pouvoir manger toute seule, au sein! Ce qui paraît banal est un progrès énorme. Enfin la force de téter elle-même. L'infirmière reste près de moi, il ne faudrait pas que la puce s'étouffe. Mais tout se passe bien, elle prend 60 grammes et s'endort. Vers midi, on m'annonce que nous rentrons à Metz. Elle ne nécessite plus la surveillance en réanimation.

Transfert vers Metz en ambulance, sans sirènes cette fois, mais toujours sous oxygène. Le soir, on lui enlève ses petites lunettes pour lui poser un humidificateur qui lui apporte aussi de l'oxygène, mais elle doit respirer seule. Elle assure comme une chef.


Dimanche midi, je m'échappe une heure pour voir mes grands,
que je n'ai pas vu depuis une semaine. Nous pique-niquons dans un parc près de l'hôpital.

Encore trois jours pour la sevrer de son apport d'oxygène, une radio de contrôle, des tas de séances de kiné, et nous pouvons enfin rentrer à la maison lundi soir.

Ca va mieux, et ça se voit!


Nous quittons l'hôpital par la même porte que sept semaines plus tôt, mais le pas un peu plus lourd de ceux qui ont failli perdre la prunelle de leurs yeux.

Une pensée pour tous les petits bouts de chou qui continuent à se battre dans le couloir de réanimation pédiatrique de Nancy, et à leurs infirmières qui sont là autant pour les gestes techniques que pour le soutien moral des parents, et qui font leur boulot -très dur- avec amour et compassion. De tout coeur, merci pour tous ces mots qui réchauffent le coeur.

Et merci à tous ceux qui nous ont manifesté leur soutien de toutes les manières, que ce soit logistique ou moral.


Par La Famille Papadoum - Publié dans : La vie des Papadoums
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La déco des Papadoums

Le fond super mimi est de la formidable Del4yo que tant de talent dans une seule fille c'est pas possible, avec sa gentille autorisation, va sans dire. Des bises, Delphine.

La photo du ciel, bien sûr, elle est des Papadoums.

La totale maîtrise (ahem) du CSS c'est bibi aussi. Mauvaises langues, va.
 
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